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insécurité
Les policiers à peine calmés
J.-C.M.
Mis en ligne le 03/02/2010
Au lendemain de faits divers qui ont embrasé des communes bruxelloises confrontées à une flambée de criminalité organisée ou urbaine et à la veille d’un Conseil des ministres restreint très attendu, la ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom (Open Vld), a annoncé, mardi, des mesures "à court terme" en vue de lutter contre l’insécurité. Elle l’a fait à l’issue d’une réunion avec les syndicats de policiers.
Ceux-ci en sont sortis toujours aussi déterminés : ils attendent 750 nouveaux collègues pour la Région bruxelloise et promettent que si d’ici la fin de la semaine, rien de concret n’est annoncé, ils iront à la confrontation. Une manifestation et une rencontre avec le ministre de la Justice sont prévues pour ce mercredi.
Mme Turtelboom a annoncé qu’une assistance juridique serait accordée aux agents confrontés à des actes de violence, mais aussi des mesures visant à démanteler les réseaux illégaux sévissant dans la capitale. Elle souhaite par ailleurs des peines plus lourdes pour ceux qui s’en prennent aux détenteurs de l’autorité. Tout cela ne suffira sans doute pas à calmer les policiers.
De son côté, le sénateur MR Alain Courtois a déposé une proposition de loi visant à instaurer une circonstance aggravante en cas de vol commis à l’aide d’armes de guerre.
Le débat autour de la dangerosité de certains quartiers, de l’augmentation réelle ou supposée de la délinquance et de l’utilité de concepts comme la tolérance zéro ou la procédure accélérée continue à faire rage. Le sénateur MR Alain Destexhe a appelé à une réflexion "sans tabou" sur l’insécurité à Bruxelles. Jugeant irresponsables les déclarations de plusieurs personnalités, comme Philippe Moureaux ou Freddy Thielemans, les bourgmestres PS de Molenbeek et de Bruxelles-Ville, il plaide pour la création d’une zone de police unique pour Bruxelles. Une idée défendue par plusieurs partis flamands mais combattue farouchement par les formations francophones, FDF en tête.
De leur côté, le Conseil de la Jeunesse, le Délégué général aux droits de l’enfant, la Ligue des droits de l’homme et le Service droit des jeunes ont, dans un communiqué commun, regretté que des politiques "profitent des récents événements pour remettre sur la table des propositions de politique sécuritaire inacceptables et inadéquates". Ils s’opposent, à l’instar du CDH et d’Ecolo, qui l’ont clairement fait savoir mardi, à l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans et rappellent qu’une récente étude de l’Institut national de criminalistique et de criminologie a établi que la délinquance juvénile était en baisse constante depuis 40 ans en Belgique
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