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Mille façons de concilier travail et vie de famille
Vincent Rocour
Mis en ligne le 08/02/2010
Les divers congés organisés - et le plus souvent financés - par les autorités publiques à l’intention des travailleurs du secteur privé connaissent un succès croissant. Non seulement les formules sont de plus en plus nombreuses mais en plus, elles sont de plus en plus alléchantes pour ceux et celles qui peuvent en bénéficier. En effet, en quelques années, et à la seule exception du congé d’adoption, ils ont tous connu une progression parfois importante. Voici le détail. Exhaustif.
1 Le petit chômage. A l’occasion de certains événements familiaux (mariage, mariage d’un enfant, ordination ou entrée au couvent d’un proche, décès ou communion solennelle d’un proche, participation à une réunion d’un conseil de famille convoqué par le juge de paix, convocation devant les tribunaux, exercice des fonctions d’assesseur lors d’élections), le travailleur peut prendre de 1 à 5 jours. Le nombre de travailleurs qui en ont bénéficié est passé, entre 2006 et 2008, de 308 238 à 407 616 (+ 32,2 %). Au total, ce sont 823 532 jours de "petit chômage" qui ont été enregistrés en 2008.
2 Congé pour raison impérieuse . C’est un congé accordé pour raison impérieuse. Ce n’est pas très défini, mais cela vise la maladie, l’accident d’un proche, l’ordonnance de comparution au cours d’un procès ou des dégâts causés à l’habitation par un incendie ou une catastrophe naturelle. En 2006, 108 517 travailleurs en ont demandé un. Ils étaient 147 704 en 2008, soit 36,1 % de plus. Pour des congés de plus longue durée, puisque le nombre de jours accordés a augmenté durant la même période de 57,2 %.
3 Le crédit-temps. Le successeur de la pause carrière ne cesse de séduire. En 2006, 102 164 travailleurs en avaient bénéficié toutes formules confondues (à plein-temps, à mi-temps ou à 1/5e temps). En 2009, selon les estimations, ils seront 125 000 (+ 22,38 %). Il en a coûté 369,4 millions d’euros à la sécurité sociale en 2008 (contre 309,3 millions en 2006).
4 Le congé parental . Il s’agit d’un congé que chaque parent peut prendre pour l’éducation de chacun des enfants du ménage. Ce droit est accordé jusqu’à ce que les enfants aient 12 ans. Il est proportionnel à la durée : 3 mois à plein-temps, 6 mois à mi-temps et 15 mois à 1/5e temps. Le nombre de ses adeptes grandit : 31 507 en 2006, 37 619 en 2008. Et la crise a donné à la formule un nouveau coup de fouet, puisque selon les estimations de l’Onem, il devrait y en avoir 42 204 en 2009, ce qui constituerait une hausse de 34 % en 3 ans.
5 Les soins palliatifs. Un travailleur peut prendre un congé pendant un mois - renouvelable une fois - pour assister une personne souffrant d’une maladie incurable et se trouvant en phase terminale. Cela concerne un nombre réduit de bénéficiaires, mais en augmentation : 193 en 2006 et 231 en 2009 (+ 19,69 %).
6 Le congé pour soins à un membre de la famille gravement malade . Comme son nom l’indique, il s’agit d’un congé octroyé pour assurer des soins à un proche - membre de la famille ou parent jusqu’au deuxième degré. Le congé sera accordé pour une période maximale de 12 mois par patient - les interruptions doivent chaque fois être prises par période de minimum un mois et de maximum trois mois. La formule connaît un vrai boom : 4 770 bénéficiaires en 2006, 7 598 en 2009. Près de 60 % en plus.
7 Le congé de maternité. C’est un congé qui se compose au moins d’une semaine avant la date présumée de l’accouchement et de 9 semaines après. Il peut être prolongé dans certains cas (naissances multiples, etc.). Signe d’un regain de vigueur de la natalité dans le pays, il connaît lui aussi un succès croissant ces dernières années : 85 595 en 2006, 91 665 en 2008 (+ 12 %).
8 L’écartement prophylactique . Les travailleuses exposées à certains risques dans l’entreprise - c’est notamment le cas des institutrices ou des infirmières - doivent être écartées de leur service dès qu’elles apprennent leur grossesse et ce, jusqu’à la fin du risque. Leur nombre a cru de 4,5 % entre 2006 (15 602) et 2008 (16 311).
9 Le congé d’allaitement. Les femmes qui allaitent peuvent demander un congé pour la partie qui excède leur congé de maternité jusqu’à la fin du cinquième mois d’allaitement. Elles étaient 12 279 en 2006 et 13 164 en 2008. Soit une hausse de 2,7 %.
10 Les pauses d’allaitement. Les travailleuses qui ont accouché peuvent demander des pauses d’une demi-heure par prestation de 4 heures de travail pour allaiter leur enfant. Ce droit est accordé jusque 7 mois après l’accouchement. En 2006, l’Onem recensait 588 bénéficiaires. En 2008, il y en a eu 841. Le bond, spectaculaire, est de 31 %.
11 Le congé de paternité. Un travailleur peut s’absenter durant 10 jours à la naissance d’un enfant dont il est le père. Ce droit est à faire valoir dans les 4 mois suivant l’accouchement. Entre 2006 et 2008, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 5 747 unités, soit une progression de 10 %, pour arriver à un total de 61 246 personnes.
12 Le congé d’adoption. Les parents qui adoptent peuvent prendre 6 semaines de congé si l’enfant est âgé de moins de 3 ans ou 4 semaines de congé s’il a plus de 3 ans. C’est le seul congé qui a connu une diminution du nombre de bénéficiaires : 237 en 2006 et 221 en 2008 (- 7 %).
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