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partenaires sociaux

Leterme rallume le dialogue social

V.R.

Mis en ligne le 09/02/2010

Yves Leterme avait convié patrons et syndicats pour tenter de relancer la concertation sociale. Les partenaires sociaux vont reprendre le dialogue.

Depuis quelque temps, et plus particulièrement depuis qu’ils s’étaient séparés, à la mi-décembre, sur un échec dans le délicat dossier du statut ouvrier/employé, les interlocuteurs sociaux se regardaient en chiens de faïence. Le ton est monté. Il y a eu la campagne patronale "Laissez-nous entreprendre" qui a récolté plus de 25 000 signatures. Il y a eu la manifestation syndicale qui a réuni 30 000 militants sous une pluie glaciale. "Nos relations sont tendues, confirme le secrétaire général de la CSC, Claude Rolin. Il n’y a plus eu de réunion du Groupe des 10 (NdlR - le moteur de la concertation sociale) . La dernière sortie des employeurs a crispé les syndicats."

Cette tension est pourtant mal venue à l’heure actuelle. Les plans de restructuration se multiplient. La grogne sociale devient palpable dans les entreprises. Il est urgent de renouer le fil du dialogue. Le Premier ministre l’a manifestement bien compris. La semaine dernière, il avait invité les syndicats et les représentants patronaux à venir rencontrer les principaux ministres du gouvernement et à leur faire part de leurs récriminations. Le rendez-vous avait été fixé ce lundi.

Ce sont les syndicats qui ont ouvert le bal à l’heure du petit-déjeuner. Ils ont répété les revendications qui avaient été portées lors de leur manifestation du 29 janvier : instaurer une taxe sur les mouvements spéculatifs pour financer un plan de relance au niveau européen, conditionner les aides publiques en faveur des entreprises au maintien de l’emploi et suspendre le contrôle de disponibilité des chômeurs tant que le dispositif n’a pas été réformé. Yves Leterme et ses principaux ministres leur ont ensuite demandé s’ils étaient prêts à reprendre la concertation sociale. Singulièrement le débat sur le statut ouvriers/employés. Les syndicats ont acquiescé. Avec des nuances. "Nous sommes preneurs d’un dialogue, commente Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB. Mais pas à n’importe quel prix. Il n’est pas question pour nous d’accepter une diminution de la protection des employés contre le licenciement au moment où la crise frappe si durement l’emploi."

Convoqués à l’heure du midi, les employeurs ont eux aussi livré leur message. "Nous avons dit, explique Pieter Timmermans, le directeur général de la FEB, que si on voulait rendre un accord interprofessionnel possible, il fallait arrêter de mettre des couches. Nous avons aussi dit qu’il ne fallait pas créer des attentes trop fortes. Un cahier de revendications a été déposé dans le non-marchand et des demandes existent pour lier certaines allocations sociales au bien-être. Ces dossiers doivent être liés au débat sur les salaires."

Les rencontres bilatérales n’ont pas été inutiles. Le groupe des 10 a en effet été réactivé. Une nouvelle réunion, commune cette fois, a été convoquée pour le 5 mars. On y fixera une méthode de travail et un agenda des négociations pour l’année 2010. Le menu s’annonce copieux. Et nul ne sait si les interlocuteurs sociaux seront en mesure de le digérer.

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