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Coffee time
Insolite: Une sale journée
Mis en ligne le 10/02/2010
Il y a des jours comme ça Au foot, on dirait que les "contres sont défavorables"; en Italien de la région du Centre : "Ma che Ch’carogne". Une journée a priori comme les autres se dessinait si ce n’était un - important - rendez-vous médical dans un grand hôpital de la capitale.
Ponctualité. Mise en route. Départ à 14h pour rendez-vous à 15h30. Malgré le "smog" et les nids-de-poule, cela doit être jouable. Peu avant Feluy, de gentilles files se forment. Pas alarmant, le chantier est connu (depuis plus d’un an qu’il dure, vous pensez bien ) Mais bon, un embout’ à cette heure-ci. Bizarre. Pfff, ça n’avance vraiment pas. Du calme, on n’est pas - encore - à la bourre. Des audacieux empruntent la bande d’arrêt d’urgence. Il n’y a pas le feu, les files vont se résorber, mais oui. Mais non !
C’est de pis en pis. Presque 15h. Agir. Quitter cette E19 vérolée. Retrouver une bretelle d’accès en aval. La prendre. M pas assez en aval. Savante marche arrière - à ne plus reproduire. Appels de phares vindicatifs d’automobilistes indignés mais secrètement admiratifs devant tant de témérité maîtrisée. Guêpier évité, il va falloir contourner au large. Manage-Seneffe-Nivelles-E19-Ring est-smog-radars-sortie Wezembeek Oppem (rien que de la poésie).
Dernière ligne droite. Tout peut se perdre ici entre les mamans stressées nez-sur-le-volant et les "quinquas" en tricot griffé et SUV forçant le passage. 15h30 devant la barrière d’un parking bien booké, retard limité, légitime fierté. Prendre le ticket prendre le ticket. Pourquoi ne sort-il pas ce ridicule sésame ?
Parking "blindé", attendre qu’une ou deux voitures en sortent. Appuyer à nouveau sur le bouton, toujours rien. Coup de klaxon derrière. Nouvel essai, rien. Concerto pour klaxons en énervement majeur. Un mini-embouteillage se forme. "- Qu’est-ce que tu fous bon Dieu." Hou, ça chauffe ! Self control : "- Si t’es plus malin que moi, tu peux venir " (réponse courtoise car non assortie d’un "crétin" dans sa phase terminale). Appel au secours. Communication interphone mauvaise : "- On envoie quelqu’un." Couper le moteur. Appeler le secrétariat médical : "- Ne vous en faites pas Monsieur, le docteur a aussi du retard." C’est déjà ça.
Contemplation de la dérisoire effervescence imputable à quelques centimètres carrés de papier qui ne sortent pas d’une boîte en métal. On frappe à la vitre : "- Essayez d’avancer ou de reculer car il y a des éléments électrostatiques dans le sol et le mécanisme peut bloquer quand on reste trop longtemps au même endroit." C’est c’la oui. David Vincent, au secours ! Il arrive, avec sa salopette de travail grise. C’est l’homme de maintenance. Il n’y avait plus de tickets dans la machine. Rendez-vous au -2 C23. Zapper l’ascenseur, c’est plus sûr. Salle d’attente, attente, attente. SMS aux collègues : "Serai en retard." Visite. Monter une nouvelle fois sur la balance : "- Hmm, c’est pas terrible." Enième frustration. Prendre - encore - un ticket en vue d’un séjour dans charmant lieu de villégiature.
Le ticket P-609 sort, lui ! Aux guichets, on sert le P-607. Cool. Pas cool en fait, il n’y a qu’un guichet d’ouvert sur trois et le P-607 se perd en tergiversations stériles avec une employée bien trop complaisante. 17h20, le P-608 entre. Fermeture prévue à 17h30. Il y a des choses que l’on sent arriver : "- Désolé Monsieur, il faudra retéléphoner demain." Départ pour soirée de boulot. Mettre les bouchées doubles (une spécialité). Retour nocturne. Nouvelle jante de nouvelle voiture dans méga nid-de-poule. Maison froide, impression de solitude. Il y aura des jours meilleurs.
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