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Catastrophe ferroviaire à Hal

Hal : "Peu de choses ont changé"

V.S.

Mis en ligne le 17/02/2010

Pour Arnaud Lahaut (ACTP), la tragédie de Hal révèle certains maux structurels à la SNCB.

Pour Arnaud Lahaut, conseiller en mobilité à l’ACTP (Association des clients des transports publics), le drame de Hal est révélateur d’un certain nombre de problèmes inhérents à l’organisation interne du groupe SNCB et témoigne de maux plus structurels du rail belge. "Il y a deux grands aspects à dégager. Un : dix ans après le drame de Pécrot, peu de choses ont changé. Les usagers avaient déjà manifesté à l’époque pour exiger la mise en place de certaines mesures de sécurité comme la possibilité de pouvoir contacter un accompagnateur ou un conducteur de train ou la généralisation d’un système de signalisation qui ne permet pas de dépasser les vitesses maximales ou d’arrêter un convoi en cas de franchissement d’un feu rouge. 10 ans après, nous sommes toujours dans la même situation aujourd’hui et les investissements nécessaires n’ont pas été effectués. Deux : la scission de la SNCB en trois entités a débouché sur une mauvaise répartition des budgets où il est difficile de savoir qui est le bon interlocuteur et quelles sont les prérogatives de chacun. Tout cela crée de la confusion pour le voyageur. Ainsi, d’un côté, on assiste à la construction de gares très coûteuses comme la gare des Guillemins ou celle d’Anvers et bientôt celle de Mons, et de l’autre, en contrepartie, on a peu d’amélioration en termes de qualité de matériel et d’infrastructures pour l’usager", explique Arnaud Lahaut qui a participé hier à un chat sur la libre.be (toujours en ligne). Et d’enfoncer le clou : "Le groupe SNCB mise beaucoup sur l’image de marque au détriment de pas mal de choses. Une partie du problème est liée au fait que la SNCB est depuis longtemps sous-capitalisée par l’Etat : sur les lignes régionales au niveau de la modernité du matériel roulant, on a 20 ans de retard sur certains de nos voisins européens. Certains de nos trains ne peuvent pas circuler au Luxembourg car ils ne répondent pas aux normes luxembourgeoises de sécurité ! D’autres, les fameux trains bordeaux, qui assurent les relations régionales et les lignes locales, ont plus de 50 ans d’âge Il y a donc clairement une responsabilité politique dans la mesure où qualité du matériel roulant et sécurité sont intimement liées. La première responsabilité du groupe SNCB et de l’Etat actionnaire est faire rouler les trains dans de bonnes conditions de sécurité avant toute autre considération".

Mais le conseiller en mobilité de l’ACTP pointe également du doigt "les problèmes de formation" des conducteurs de trains. "Plus globalement, en raison du grand nombre de départs à la retraite passés et encore à venir, des problèmes de ressources humaines se posent et pas seulement pour le personnel de conduite. Prenez le centre de contrôle de Bruxelles, qui doit superviser toute la circulation ferroviaire autour et vers la capitale, la plupart des gens qui y travaillent ont 22-23 ans, et donc peu d’expérience", explique-t-il encore. Un constat sévère donc.

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