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Fonction publique

Les fonctionnaires à l’école

P.P.

Mis en ligne le 03/03/2010

Le projet d’école d’administration publique est une priorité de la législature fédérée. Où, pour qui, pour quoi faire ?

Dans leurs déclarations d’investiture, les majorités Olivier annoncent la création d’une école d’administration publique Wallonie-Bruxelles. Intéressant en soi. Pour preuve, les débats qu’elle suscite déjà avant même d’être précisée sur papier : une note d’orientation est attendue en fin de ce premier semestre.

Concrètement, l’école assurerait une formation permanente des agents de la fonction publique régionale, communautaire et locale. Pour la formation initiale de surcroît, ça reste à voir. Et pour les formations relatives aux mandataires, aux plus hautes fonctions, elle s’ouvrirait à des non-fonctionnaires puisque, dans la réforme également en chantier des mandats, les candidats devraient disposer d’un brevet de management public délivré par ladite école.

Loin de ces considérations technico-académiques, des édiles sont entrés dans une joyeuse bagarre sur l’implantation de la future école. Il va de soi pour les Namurois, depuis que l’idée plane, qu’elle doit être installée dans la capitale politique et administrative de la région. Une belle assurance déstabilisée par des Carolorégiens, leur bourgmestre Jean-Jacques Viseur en tête, lequel trouve bien des raisons à ce que l’établissement atterrisse à Charleroi : il s’agit pour rappel de la première ville wallonne; n’ayant jamais eu de véritable université, elle est "neutre" par rapport aux académies universitaires; il est important symboliquement que le lieu le plus décrié pour la gouvernance publique accueille une école censée impulser une véritable culture du management public Ce à quoi toutes les "forces vives" de Namur (son bourgmestre Etienne et la ville, son gouverneur Mathen et la province, sa ministre Tillieux, ses parlementaires, etc.) ont ensemble renvoyé Charleroi à "l’image dégradée que la ville pourrait continuer de traîner comme un boulet".

Passablement abasourdi par la poussée d’adrénaline, typique du sous-localisme wallon (et qu’il sera piquant de décanter entre les deux plus "gros" maïeurs CDH !), le carolo Jean-Marc Nollet, le ministre (Ecolo) de la Fonction publique, a indiqué que la question de l’implantation était prématurée.

Un peu court, mais juste. D’autant que la querelle peut en cacher d’autres, de fond. Ainsi en va-t-il des questions que soulève le Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative. Depuis ses débuts, en 1980, l’organisation défend l’idée d’écoles du genre. Pour ce qu’on sait des orientations Olivier, elle n’y souscrit pourtant pas. Car, pour elle, l’école doit être partie intégrante du dispositif de carrière : son accès serait réservé aux fonctionnaires et subordonné "à la réussite d’un concours exigeant" , explique Michel Legrand, le président du Gerfa, après quoi eux qui reçoivent le brevet d’administrateur constitueraient "un vivier dans lequel l’autorité publique puisera les ressources dont elle a besoin pour assurer la haute direction de l’administration". Une grande différence avec le projet en gestation, où la sélection après l’école resterait confiée au Selor ( que le Gerfa ne supporte pas).

En attendant, le ministre Nollet doit faire passer sa réforme des mandats, qui y est donc pour partie liée. Ici ("La Libre" du 22 janvier), le plus neuf serait l’instauration d’un processus de renouvellement du top des administrations en début de la législature et pour sa durée, pour "coller" à la vie d’un gouvernement. On pressent que l’éminence Ecolo doit slalomer entre ceux qui lui reprochent cet aveu de politisation et ceux qu’il risque de vexer (les coalisés PS-CDH sortants, par exemple) en justifiant la réforme de ce trait : "Ce que l’on veut éviter, ce sont les nominations à la veille des élections où l’on recase les amis."

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