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Enseignement

Histoire/géo/sciences : maîtrise insuffisante

Laurent Gérard

Mis en ligne le 04/03/2010

Voici les résultats du test non certificatif de novembre. Les moyennes sont bonnes mais le travail des élèves est souvent superficiel. Et ils sont nombreux en difficulté.

Souvenez-vous. Novembre 2009 : l’ensemble des élèves de 2e et 5e primaires, ainsi que de 2e secondaire subissent une épreuve externe en sciences, histoire et géographie (éveil, dit-on en primaire) (1). Une épreuve identique pour toute la Communauté française et non certificative : il ne s’agit que de dresser un état des lieux des apprentissages dans ces matières, pas d’accorder un diplôme. "La Libre" a pris connaissance des résultats de ce test et, surtout, des enseignements que le service de pilotage du système éducatif en tire.

Remarque préalable : on verra que les moyennes obtenues par les élèves des échantillons représentatifs (plusieurs milliers d’élèves) diminuent au fur et à mesure que l’on avance dans les années. Cela ne signifie pas que les élèves deviennent moins bons au fil du temps, rassure Martine Herphelin, directrice du service de pilotage, mais plutôt que d’une part les niveaux de difficulté des épreuves ne sont pas nécessairement équivalents, d’autre part qu’"on joue avec les standards de résultats que les gens ont en tête". Chacun se souviendra en effet que si les moyennes de 90 % sont courantes à l’école primaire, elles le sont beaucoup moins en secondaire. "On n’imaginerait pas qu’une épreuve de 2 e primaire débouche sur une moyenne de 60 %", dit-elle.

1 En 2e primaire. La moyenne obtenue par les élèves à l’ensemble du test d’éveil est de 87 % (87 en histoire/géo et 87 en sciences). Des résultats dont on peut se réjouir mais à prendre avec prudence car le mode de calcul des points aurait pu être plus désavantageux pour les élèves. En outre, si une bonne moitié des élèves obtiennent plus de 90 %, près d’un cinquième d’entre eux (19 %) ont des résultats inférieurs à 80 %. Ces élèves sont donc en difficulté ou, dans le meilleur des cas, n’ont pas stabilisé leurs acquis. Cette épreuve s’étant déroulée en cours d’année, les apprentissages sont encore en plein développement, mais certains élèves pourraient accumuler des retards s’ils ne reçoivent pas une aide appropriée.

2 En 5e primaire. Le score moyen à l’ensemble de l’épreuve d’éveil est de 77 % (78 en histoire/géo et 75 en sciences). On constate une bonne maîtrise des compétences évaluées chez près de la moitié des élèves (46,4 % d’entre eux ont plus de 80 %). Mais un élève sur 10 (11 %) est en difficulté, n’atteignant pas les 60 %.

3 En 2e secondaire. Deux épreuves étaient proposées : l’une pour les élèves de 2e commune et de 2e complémentaire (une année supplémentaire, pour ceux qui en ont besoin, avant de passer dans le 2e degré), l’autre pour les élèves de 2e différenciée (qui n’ont toujours pas obtenu leur CEB - diplôme de primaire).

1° En 2e commune et complémentaire, la moyenne du test est de 65,2 % (67,1 en histoire; 63,4 en géo; 65,3 en sciences). La grande majorité des élèves (84,6 %) obtient un score supérieur à 50 %; plus d’un tiers font même preuve d’une très bonne maîtrise des ressources évaluées (ils ont plus de 70 %) mais 15,4 % des élèves sont en difficulté, même dans les questions les plus simples, avec un score inférieur à 50 %.

2° En 2e différenciée, le test était calqué sur l’épreuve du CEB de 2007 et 2008. Le score moyen est de 55,7 % (52,5 en histoire/géo et 61,1 en sciences). A noter, le phénomène, particulièrement important et inquiétant, de l’absentéisme et des omissions massives (plus de 15 % des élèves). Préoccupant également : un tiers des élèves (33,8 %) ont moins de 50 % des points.

Ces résultats étant désormais connus, chaque directeur/enseignant pourra comparer les résultats de son école/sa classe avec ceux de l’échantillon. Les parents pourront également comparer les résultats de leur enfant avec ceux de l’échantillon (mais pas avec ceux des autres élèves, c’est interdit).

Que peut-on d’ores et déjà retirer de tout ceci ? D’abord, que le nombre d’élèves en difficulté ne fait qu’augmenter au fil des années. "C’est une caractéristique que l’on retrouvait déjà dans les évaluations externes précédentes, quelle que soit la discipline, observe Martine Herphelin. Dès le début du primaire, malgré une moyenne élevée, une part des élèves se trouve en difficulté. Et le nombre de ces élèves ne fait qu’augmenter en 5 e primaire et en 2 e secondaire. Non seulement, l’école ne réussit pas à les aider à surmonter les difficultés, mais en plus leur nombre augmente."

Autre enseignement majeur qui apparaît dans le rapport du service de pilotage : quelle que soit l’année analysée, la majorité des élèves ne maîtrisent pas la matière en profondeur. Lisez plutôt. En 2e primaire, "dès que la question devient plus complexe [ ] les difficultés surgissent". Ainsi, par exemple, "lire un calendrier pose peu de problèmes. Compléter un tableau où figurent des jours et des dates extraites de ce calendrier est déjà plus difficile. Situer des évènements sur une ligne du temps en tenant compte des heures où ils se sont produits est nettement plus complexe." Pour la 5e primaire : "des difficultés se manifestent quand l’information n’est pas fournie explicitement" ou encore "les élèves éprouvent quelques difficultés à appréhender les informations impliquant un vocabulaire plus spécifique". Enfin, pour la 2e secondaire, on lit : "aussi bien en 2 e commune qu’en 2 e différenciée, et dans chacun des domaines évalués, la lecture de documents et les démarches de recherche et d’analyses sont superficielles".

Selon Mme Herphelin, il s’agit là d’un phénomène également présent en français. "Dans les épreuves de lecture, on voit qu’un grand nombre d’élèves trouvent les informations explicites mais lorsqu’il s’agit de construire une réponse à partir de plusieurs infos, quand la complexité augmente, tous les élèves réussissent moins bien."

Un document proposant des pistes didactiques sera envoyé aux écoles au mois d’avril. Elles sont censées aider les enseignants à remédier aux lacunes repérées. Allez, au boulot !

(1) En 2006-07, les évaluations non certificatives portaient sur le français (lecture et écriture). En 2007-08, c’était le tour des maths. L’an prochain, retour au français, puis maths, éveil, etc.

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