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Pas assez d’écoles, pas assez de bus
Mis en ligne le 08/03/2010
Le cas de Bruno est loin d’être isolé. Pour le seul Brabant wallon, les directeurs d’écoles ont comptabilisé 137 élèves passant plus de trois heures dans le bus par jour, pour environ six heures de présence à l’école (3 le mercredi). La palme [?] revient à un enfant qui subit 7h25 (!) de bus chaque jour. La situation serait comparable dans les autres provinces. Pourquoi ? Il y a certes une question d’offre d’enseignement : il n’y a pas toujours une école du type recherché dans les environs. Mais le cas de Bruno prouve que même quand c’est le cas, le voyage reste trop long. Le SPW (administration wallonne) et le Tec sont de bonne volonté, soulignent les directeurs et parents, soutenus par l’Awiph (Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées, qui a fixé une norme de 2h de bus par jour maximum) dans leur revendication de réduire le temps de trajet. Ils tentent de réorganiser les circuits, de trouver des parades. Mais bien souvent, ce qui est gagné pour l’un l’est au détriment de l’autre.
La solution, dès lors ? Pour les parents, c’est simple : il faut davantage de bus, et des circuits plus courts, ce qui implique davantage de moyens financiers. Selon les directeurs, le ministre wallon en charge de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo) - dont le cabinet n’a pas donné suite à nos demandes d’informations -, d’une part renvoie la balle à sa collègue de la Communauté française, Marie-Dominique Simonet (CDH), responsable de l’offre d’enseignement, et d’autre part, répond qu’il n’a pas d’argent pour développer l’offre de bus, surtout en cette période de vaches maigres budgétaires. Une réponse qui ne satisfait personne. "C’est une question de choix politique, peste Christel Leemans, directrice de l’Escalpade. Il s’agit d’aider des jeunes qui ont des besoins différents. Ce n’est pas une question de confort, mais bien de respect." "Certains élèves rentrent si tard chez eux, renchérit son collègue Olivier Parmentier, responsable transports scolaires, qu’ils ne peuvent suivre leurs séances de rééducation." Christian Lieutenant, directeur de plusieurs écoles et qui porte ces revendications, compte dès lors s’adresser directement aux présidents de parti sur cette problématique qui n’est pas récente, mais qui a sans doute pris de l’ampleur ces dernières années.
En attendant, c’est le règne de la débrouille. Des parents réduisent leur temps de travail pour conduire leur enfant; on s’arrange pour le faire dormir chez un copain habitant plus près de l’école; etc. Mais ce n’est pas toujours possible. Dans ce cas, pas le choix, ce sera le bus et son lot de désagréments : fatigue et baisse de la concentration, incontinence, absence de soins, etc. L.G.
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