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terrorisme

Malika, djihadiste de l’Internet, est jugée pour la troisième fois

Ch. Ly.

Mis en ligne le 08/03/2010

La Belge d’origine marocaine est inculpée comme chef du groupe.

Comment amener au palais de justice une femme accusée de terrorisme, portant le niqab, dont la tête doit normalement être recouverte d’un masque de cuir ou de lunettes de ski foncées ? Tel est l’un des problèmes pratiques que les policiers devaient résoudre avant d’amener, ce lundi matin, Malika El Aroud au palais de justice de Bruxelles.

On ne présente plus l’intéressée. Née à Tanger (Maroc), le 12 mars 1959, mais ayant vécu l’essentiel de sa vie à Bruxelles, de nationalité belge, Malika El Aroud est une véritable égérie du djihadisme.

Le grand public la connaît comme “ l’ex-épouse de l’assassin du commandant Massoud ”, mais elle a, depuis, tracé sa propre voie, à tel point qu’en mai 2008, le “New York Times” la présenta comme l’une des plus importantes djihadistes de l’Internet en Europe. “ Mon arme, c’est d’écrire , expliquait-elle au quotidien américain. C’est mon Djihad. Vous pouvez faire beaucoup de choses avec des mots. Ecrire est aussi une bombe .”

Acquittée en 2003, dans le procès Trabelsi, condamnée en 2007, en Suisse, à six mois de prison avec sursis pour soutien à une organisation criminelle, Malika El Aroud – alias “Oum Obeyda” pour les internautes – avait jusqu’ici échappé à la prison. Mais depuis qu’elle a été arrêtée, en décembre 2008, à Saint-Gilles, elle n’a plus quitté la prison de Berkendael, à Bruxelles, où elle se trouve en détention préventive.

Des neuf inculpés dont le procès débute, ce lundi, à Bruxelles, la Bruxelloise est, avec l’Anderlechtois Hicham Beyayo, la seule à avoir été gardée en prison.

L’accusation la considère comme l’une des dirigeantes de ce groupe qui envoya cinq hommes, quatre Belges et le Tunisien Moez Garsallaoui, le second mari de Malika, s’entraîner pendant plusieurs mois aux explosifs dans le Waziristan pakistanais, sous la conduite d’un artificier d’al Qaeda.

Les enquêteurs estiment que l’inculpée est loin d’être un second couteau. On la retrouve dans la plupart des dossiers terrorisme belges de ces dernières années, rarement sur un plan opérationnel, mais toujours comme une force incitant les jeunes musulmans de Bruxelles à faire la guerre sainte en Afghanistan.

Malika sera sans conteste la figure phare de ce procès, car si l’accusation tentera de prouver sa participation active à un groupe terroriste et le rôle influent qu’elle joua dans la petite cellule bruxelloise, son avocate, Me Fernande Motte de Raedt, plaidera, comme d’autres dans des procès précédents, qu’elle n’a fait que contribuer – de loin – à une “guerre légitime”, avec les Talibans et contre “les envahisseurs américains”.

L’inculpée condamne, en effet, les attentats terroristes aveugles de New York et de Madrid, mais estime que l’Afghanistan, “ c’est la guerre ”.

© La Libre Belgique 2010

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