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Exclusions du chômage : + 44 %

Mis en ligne le 10/03/2010

En un an, le nombre de sanctionnés dans le cadre de l’activation a grimpé.

Carton rouge. Le rapport de l’Onem (Office national de l’emploi) concernant le plan d’activation des chômeurs n’a pas encore été officiellement présenté, mais, selon le document que "La Libre" a pu lire, il apparaît que le nombre de chômeurs sanctionnés dans le cadre de ce plan d’activation est, pour l’année 2009, clairement à la hausse. Une nouvelle fois, écrira-t-on, puisque, depuis que le plan a été lancé, en juillet 2004, les statistiques sont, chaque année, nettement à la hausse.

Le nombre de chômeurs suspendus pour une durée de quatre mois était de 7 885 en 2009, pour 6 425 en 2008, ce qui représente une augmentation de 22 %. Le nombre de chômeurs exclus définitivement du chômage était quant à lui de 6 530, pour 4 523 en 2008, soit une hausse de 44 %. On constatera néanmoins que cette augmentation décélère sensiblement avec les années (voir l’infographie ci-dessous).

Si l’on tient également compte des 3 272 demandeurs d’emplois dont les allocations de chômage ont été réduites pendant quatre mois (durant les neuf premiers mois de 2009, chiffre stable par rapport à 2008), ce sont au total 17 687 chômeurs qui ont été sanctionnés en 2009, sur les 489 895 demandeurs d’emplois mobilisés par un plan d’accompagnement de l’Onem (soit 3,6 %).

Pour rappel, le dispositif prévu par ce plan d’activation est évolutif. Il a d’abord concerné uniquement les chômeurs âgés de moins de 30 ans. A partir du 1er juillet 2005, il a été étendu aux chômeurs de 30 à 39 ans et, en juillet 2006, à ceux qui ont de 40 à 49 ans. Et comme le plan comprend plusieurs phases (lettre de convocation, premier entretien, deuxième entretien et troisième entretien), les chômeurs plus âgés qui ont connu un cycle entier sont moins nombreux que leurs cadets. Mais cette différence entre classes d’âge va s’amenuiser avec le temps.

"Chaque année, explique Yves Martens, porte-parole de la plate-forme "Stop chasse aux chômeurs", le nombre de sanctions augmente parce que le nombre de personnes impliquées dans le processus augmente et parce que, avant d’arriver à une sanction, s’écoule un certain temps. Mais ce que l’on constate, c’est que le nombre d’exclusions définitives se rapproche du nombre de suspensions. On va donc bien, comme nous le dénonçons depuis longtemps, vers un système d’exclusions. Il fallait juste un peu de temps pour le voir. Ce système n’aide donc pas les chômeurs à trouver un emploi. Au contraire, il les enfonce. Et vous verrez qu’en 2010, ce sera encore pire."

D’autant plus qu’entre-temps, la crise est passée par là. "Ces chiffres-ci n’ont rien à voir avec la crise, car les gens sont convoqués après 15 mois de chômage. Ils concernent des personnes au chômage avant 2008. Avec la crise, les statistiques vont exploser. Je n’ose pas imaginer les chiffres. Ce système est inefficace. Il doit être arrêté" , conclut Yves Martens.

Les chiffres du chômage 2009 révélés par le rapport confirment par ailleurs que la Flandre a davantage souffert de la crise que Bruxelles et la Wallonie. En un an, le chômage a cru de 15,3 % en Flandre alors que la hausse s’est limitée à 2,7 % en Région wallonne, et 0,3 % à Bruxelles.

L. G. et V. R.

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