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Accident ferroviaire de Buizingen

Productivité des conducteurs en baisse

Ph. Law.

Mis en ligne le 11/03/2010

C’est ce que révèlent les chiffres donnés hier lors des auditions à la chambre.

La Commission spéciale "Sécurité du rail" a poursuivi mercredi ses travaux avec les auditions des responsables des syndicats reconnus (CSC-Transcom, CGSP-Cheminots) et agréé (SLFP-cheminots). Ces derniers ont dénoncé les conditions de travail auxquelles sont soumis les cheminots et en particuliers, les conducteurs de train. Pression croissante, stress et organisation déshumanisée du travail, tel est le climat dans lequel travaillent les conducteurs de train. Président de la CGSP-cheminots, Gérard Gelmini a sévèrement critiqué le tableau dressé par les trois patrons du groupe SNCB. "Pour eux tout va bien. La concertation sociale est exemplaire, l’arriéré dans les recrutements est réglé et il est tenu compte des avis émis lors des consultations de séries, lors des réunions PPT (protection au travail)", a-t-il ironisé. Mais la réalité sur le terrain est bien plus sombre, d’après lui : réduction de la période de formation de 250 à 200 jours, durée de prestation allongée, réduction des temps de repos, etc. D’après lui, entre la catastrophe d’Aalter (1982) et celle de Pécrot (2001), après laquelle il a été décidé d’accélérer la mise en place du système de sécurité ECTS, les dirigeants de l’entreprise ferroviaire n’ont pas du tout fait preuve de proactivité en matière de sécurité.

Son homologue de la CSC-Transcom, Dominique Dalne a fustigé l’absence de coordination entre les différentes entités du groupe (Holding SNCB, opérateur SNCB, Infrabel). "Ce qui s’est passé est inacceptable et des mesures doivent être prises par les organes de gestion. Il est plus que temps d’opter pour un seul standard technique de système de sécurité et d’y investir. Les bonus des patrons sont calculés sur bases d’impératifs commerciaux et non pas sur des critères de sécurité", a martelé Dominique Dalne.

Mais des chiffres livrés hier par le président de la Commission, François Bellot (MR), contrastent fort avec le bilan des organisations syndicales. Les statistiques fournies par la SNCB indiquent qu’au 1er janvier 2000, l’entreprise comptait 3 504 conducteurs de train équivalent temps plein (ETP) poru un total de 96,2 millions de km parcourus par an, soit une productivité de 27 460 km par conducteur et par an. Au 1er janvier 2009, ces chiffres révèlent que le groupe emploie 3 861 conducteurs ETP pour 90,4 millions de km, soit une productivité de 23 410 km/conducteur/an. La durée hebdomadaire de prestation d’un conducteur serait de 3 jours en moyenne. "Ces chiffres donnent une image tronquée de la réalité, car la direction de la SNCB tient compte notamment des conducteurs en formation et de ceux qui sont inaptes pour raison médicale. Or, ils ne sont pas sur le terrain", nous a confié Dominique Dalne.

Interpellés par les députés-commissaires, les responsables syndicaux n’ont pas eu le temps d’apporter toutes les réponses avant la levée de la séance hier en début d’après-midi. Ils reviendront donc devant la Commission lundi à 14h pour de nouvelles auditions.

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