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L’hiver a tué chez les seniors
J.-C.M.
Mis en ligne le 12/03/2010
L’hiver 2010 a été rigoureux, c’est chose acquise. Plusieurs vagues de froid, de très nombreuses journées de neige, des températures en dessous des normales saisonnières, une insolation très largement déficitaire : le bilan n’est pas réjouissant.
Le mauvais temps a eu un impact sur la mortalité des personnes de plus de 85 ans. C’est le constat de l’Institut scientifique de santé publique, constat relevé, jeudi, par "Het Laatste Nieuws", qui parlait de 647 morts supplémentaires pour décembre, janvier et février.
Françoise Wuillaume, épidiémologiste, confirme que pendant la période décembre 2009-2010, on a enregistré, au sein de cette catégorie d’âge, à peu près 9 % de décès de plus que la moyenne. Ces chiffres dépassent même allégrement les 10 % les semaines qui ont immédiatement suivi les vagues de froid.
La moyenne est établie à l’aide d’un modèle qui tient compte des statistiques des cinq années précédentes. Ce modèle permet de dresser, au jour le jour, un tableau de la "mortalité attendue". Les chiffres livrés par le registre national rendent compte, eux, de la mortalité réelle, la "mortalité observée". La comparaison permet d’observer une diminution de la mortalité ou, au contraire, un excès. Au-delà d’un certain seuil, l’alerte est déclenchée.
Cette année, observe Mme Wuillaume, le froid et les pics de pollution enregistrés à plusieurs reprises au cours de l’hiver sont bel et bien responsables d’une augmentation du nombre des décès, mais elle n’est significative que dans la tranche d’âge des plus de 85 ans. L’hiver n’a pas eu d’effet sur les personnes de moins de 65 ans et a très peu affecté les 65-84 ans. Le phénomène général serait même moins marqué que la saison passée.
Mme Wuillaume ajoute, cependant, que cette année est atypique. L’épidémie de grippe, liée au virus A/H1N1, a frappé en automne, beaucoup plus tôt qu’a l’accoutumée. Si elle s’était manifestée aux dates (d’hiver) habituelles, la mortalité aurait sans doute été nettement plus importante.
Selon les gériatres, le froid est l’ennemi des personnes fragilisées par une série de maladies, cardiaques et respiratoires principalement. Il provoque une hausse des hospitalisations des personnes âgées, dans des structures très exposées aux infections; davantage de chutes, avec les complications qu’elles supposent; une augmentation des états dépressifs; une plus grande exposition à la solitude, etc. Sans même parler des difficultés financières rencontrées par certains pour se chauffer convenablement.
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