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Les syndicats confirment les tiraillements entre les 3 patrons du rail belge
Mis en ligne le 16/03/2010
La concertation mise en place par la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte avec les patrons des trois branches de la SNCB et les syndicats après la catastrophe de Buizingen a permis de dégager un texte commun. Il prévoit notamment l’accélération de l’installation du système d’assistance à la conduite TBL1 + (lire ci-dessus), a indiqué lundi à la Chambre, Gérard Gelmini, président de la CGSP-Cheminot, devant la commission spéciale Sécurité du rail. Il a par ailleurs souligné les "tiraillements" qui existent selon lui entre les patrons des trois branches issues de la scission de la SNCB en 2005. "La réforme de la SNCB n’est pas achevée. Il existe encore des zones grises dont la responsabilité n’est pas clairement établie, et les trois CEO, qui ont tous beaucoup de caractère, luttent pour étendre leur champ d’influence", a-t-il relevé. Il voit une contradiction entre le statut d’entreprise publique autonome que possèdent les trois branches de la SNCB et le fait qu’elles doivent travailler ensemble. La réforme de la SNCB est toujours en évolution, notamment concernant B-Cargo, filiale pour le transport de marchandises, note-t-il. Luc Michel (Syndicat indépendant des conducteurs, SIC), a également souligné un manque de coordination entre l’utilisateur du réseau (la SNCB notamment) et le gestionnaire Infrabel.
Gérard Gelmini est revenu sur l’enquête menée par CPS (service externe de prévention et de protection auquel a recours la SNCB) pendant un an auprès des conducteurs de trains sur la charge de travail. Les conducteurs de trains subiraient une "charge mentale quatre fois supérieure à celle d’autres entreprises" et se plaignent de leur manque d’autonomie et de la monotonie de leur métier. Celle-ci est due au fait qu’ils ont désormais moins de lignes différentes à couvrir, selon des "indiscrétions" fournies aux syndicats, qui n’ont pas encore pu prendre connaissance des résultats de l’enquête. Les franchissements de signaux se produisant plus souvent dans le chef des conducteurs ayant entre un et deux ans d’expérience, du fait notamment d’un relâchement dû à l’expérience déjà acquise, Gérard Gelmini réclame une "reprise en main" de ces conducteurs à ce moment de leur jeune carrière.
On apprenait d’ailleurs que le feu de signalisation de Buizingen est une nouvelle fois tombé en panne lundi. C’est le troisième incident concernant ce feu en l’espace d’un mois. Jeudi dernier déjà, un conducteur de train était passé au rouge à Buizingen, le feu de signalisation étant subitement tombé en panne, moins d’un mois après l’accident du 15 février. Luc Piens (CSC-Transcom) a de son côté relevé la méfiance des syndicats envers les jeunes conducteurs qui seront prochainement issus de la formation de base rabotée à 200 heures au lieu de 250 auparavant. "Nous allons demander une évaluation pour ces conducteurs", a-t-il dit, dénonçant le jeu de la concurrence pour réduire cette formation, notamment de la part de la société ferroviaire privée Trainsport. Pour Luc Michel (SIC), les formations doivent être revues d’urgence, en accordant plus d’attention à la pratique. (D’après Belga)
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