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Édito

Edito: Spéculer en toute liberté

Mis en ligne le 18/03/2010

Pierre Loppe

La Commission européenne a l’intention de "recadrer" certains produits financiers dérivés qui ont servi d’instrument pour spéculer sur la dette des Etats, notamment contre la Grèce, avec les conséquences désastreuses que l’on sait. Cette annonce bien modeste fait suite à la divergence entre les Etats de l’Union qui peinent à trouver un consensus sur la régulation des "hedge funds", ces fonds pratiquant la vente à découvert à haut risque, qui ne profitent qu’aux "riches" et que l’on accuse d’avoir amplifié la crise financière. Mardi, c’est la Grande-Bretagne qui s’y est opposée, pour protéger la City, à la veille d’élections délicates. Plus tôt, l’Europe s’est heurtée aux Etats-Unis qui lui reprochent de faire barrage aux fonds US par velléité "protectionniste".

En un mot comme en cent, à l’instar des bonus généreux qui refleurissent du côté des banques, les Etats refusent de regarder la réalité en face.

En raison de ce laxisme, la grande majorité des échanges en produits dérivés, que l’on évalue à 600000 milliards de dollars par an, échappent à toute forme de contrôle, de standardisation et d’enregistrement.

C’est scandaleux et immoral. Comme elles semblent loin les bonnes résolutions !

Le retour progressif à la croissance incite les Etats à opter aveuglément pour le repli sur soi. S’ils n’y prennent garde, cet égoïsme larvé rejaillira tôt ou tard sur la collectivité qui n’a pas mérité un nouveau séisme financier. A crise mondialisée, riposte mondialisée, disait-on. Il n’a jamais été interdit de rêver.

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