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Minorités
Les préjugés envers les minorités ethniques persistent en Belgique
Belga
Mis en ligne le 18/03/2010
Les préjugés envers les minorités ethniques persistent, mais Belges et personnes appartenant à ces minorités sont conscients des discriminations que ces derniers subissent encore, révèlent deux études commanditées par le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et croisées jeudi, trois jours avant la Journée internationale contre le racisme. Les deux études portent sur la population belge et sur quatre minorités ethno-culturelles: les Européens de l'Est, les nord-africains, les subsahariens et les Turcs.
Les Belges interrogés se disent majoritairement indifférents à l'égard de ces minorités, mais certains préjugés reviennent: ils jugent par exemple que les Européens de l'Est sont les plus travailleurs, ont une perception neutre ou plutôt positive des Africains et une perception plus négative des Maghrébins. "Nous avons tous des préjugés et c'est normal. Les supprimer n'aurait pas de sens. C'est lorsqu'ils se transforment en pratiques discriminatoires que cela pose problème", rappelle Andrea Réa, professeur de sociologie à l'ULB.
Dans les minorités sondées, 65% ont le sentiment d'être discriminées ou moins bien traitées au niveau de l'emploi, 37% par rapport au logement et 27% face aux forces de l'ordre. "Il y a une distinction entre l'acceptation de la diversité dans la sphère publique et dans la sphère privée où il peut y avoir des traitements préférentiels. Mais la discrimination à l'emploi est inacceptable", commente Andrea Réa. Les chiffres démontrent que les relations entre minorités et Bruxellois seraient meilleures que celles avec les Wallons et Flamands. Les études montrent en général que plus on a de contacts avec une minorité, mieux on la perçoit.
Concernant la mixité, 18% des Belges sont d'accord avec le fait que la multiculturalité est un richesse pour la société contre 35% du côté des minorités. Dans le même temps, 33% des personnes issues des minorités n'accepteraient pas du tout un(e) petit(e) ami(e) belge dans la famille tandis que 29% des Belges trouveraient gênant que leur enfant épouse une personne issue d'une minorité.
Il existe donc un paradoxe: "dans l'ensemble, la diversité est acceptée mais lorsque l'on pose des questions plus pratiques, les personnes sondées éprouvent plus de difficultés à intégrer ce concept théorique dans leur vie quotidienne", explique Edouard Delruelle, directeur adjoint du Centre.
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