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Social | Emploi

La crise traduite dans les chiffres

V.R.

Mis en ligne le 19/03/2010

L’Onem confirme que le chômage a plus frappé en Flandre et parmi les jeunes.

L’Office national de l’Emploi (Onem) n’a jamais indemnisé autant de monde qu’en 2009 : 1 309 930 personnes en tout. C’est 10 % de plus qu’en 2008. Ce n’est cependant pas une surprise. La crise a durement frappé le marché du travail l’an dernier. Le nombre de chômeurs complets indemnisés a ainsi augmenté de 30 275 unités en 2009 (+ 7,5 %). Une hausse qui s’est surtout marquée chez les jeunes (+12,1%) et les hommes (+ 13,3 %). Elle s’est révélée aussi plus vigoureuse en Flandre (+ 15,3 %) qu’à Bruxelles (+5,4%) et surtout qu’en Wallonie (+2,7%). Ce qui ne donne cependant à ces deux dernières aucune raison de pavoiser. S’il fallait classer les provinces selon le taux d’emploi, les cinq provinces flamandes occuperaient les cinq premières places. Et les dépenses de chômage consenties par l’Onem restent proportionnellement plus faibles, et de loin, en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles (lire détail en infographie).

Les responsables de l’Onem, qui rendait public ce jeudi le rapport annuel de l’organisme, ont souligné que cette hausse du nombre de chômeurs complets indemnisés avait pu être relativement contenue. La Belgique est en effet le pays qui a connu la plus faible hausse de son taux de chômage, juste après l’Allemagne : ce taux y a augmenté de 11 % alors qu’il augmentait de 29 % en moyenne dans la zone euro.

Si la hausse du taux de chômage a pu être limitée, c’est grâce à deux facteurs principalement. Le premier, c’est la nouvelle progression des titres-services qui a permis de freiner l’hémorragie chez les femmes. En 2009, le nombre de titres-services utilisés a encore augmenté de 20,6 %. D’après l’Onem, 12,3 % des ménages belges ont désormais recours au dispositif.

Le deuxième facteur qui a permis de limiter la casse, c’est l’existence du chômage temporaire. Ce dernier a littéralement explosé l’an dernier. Par rapport à 2008, il a augmenté de 56,5 %. En moyenne, chaque mois, 210 864 ouvriers ont connu une période de chômage temporaire. Un tel "succès" n’avait plus été enregistré depuis 1993, année qui avait aussi connu une croissance économique négative.

Est-on en train de sortir de la crise ? Des signes tendent à le montrer. L’Onem table encore sur une progression du chômage en 2010. Mais ses prévisions sont aujourd’hui moins pessimistes qu’en septembre dernier. A l’époque, il tablait sur une hausse de 75 700 nouveaux chômeurs en 2010. Il avance aujourd’hui le chiffre de 39 800 nouveaux chômeurs. L’Onem constate par ailleurs que la hausse du nombre de faillites a ralenti fin 2009, tout comme le recours au chômage temporaire.

Mais si le nombre de personnes indemnisées par l’Onem a augmenté en 2009, ce n’est pas seulement à cause de la crise. Il y a un phénomène plus structurel, qui se confirme d’année en année et que l’organisme fédéral soutient activement : l’aménagement du temps de travail. En 2009, l’Onem a aidé 252 429 Belges à réduire totalement ou partiellement leur temps de travail. Près de 17 000 de plus que l’année précédente. Le congé parental (+ 18 %) et le congé pour assistance médicale (+ 18,4 %) ont même été véritablement dopés.

Ce phénomène n’est pas neuf. En une décennie, le nombre de personnes soutenues par l’Onem a augmenté de 154 000 unités. Ce qui, manifestement, révèle un besoin de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. A noter que le succès de ces formules d’interruption de carrière ou de crédit-temps se marque surtout en Flandre. Et qu’il concerne à 90 % des 4/5e temps ou des mi-temps.

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