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Politique | Gouvernements
Comment renouer avec la croissance ?
V.d.W.
Mis en ligne le 20/03/2010
Trente et un ministres Oui, il n’y avait pas moins de 31 ministres réunis, vendredi au Palais d’Egmont, à Bruxelles, à l’invitation du Premier d’entre eux, Yves Leterme, le Premier ministre de la Belgique tout entière, lequel souhaitait engager, avec ses collègues fédéraux, régionaux et communautaires, une réflexion sur le fédéralisme de coopération.
Trente et un ministres, dites-vous (sur les 56 que compte notre pays) ? "Oui, c’est beaucoup. Mais proportionnellement, c’est moins qu’en Suisse, qu’aux Etats-Unis, qu’en Allemagne" ont insisté les chefs de gouvernement, réunis en début d’après-midi pour une conférence de presse qui se voulait un peu solennelle.
L’objectif de la réunion ? Pour Yves Leterme, il s’agissait d’élaborer une stratégie visant à la relance structurelle et la croissance durable. Car la crise a laissé des traces. La réunion, assez formelle, avait aussi pour objectif de montrer, aux Belges sans doute, mais aussi aux autres pays européens (la Belgique prendra dès le 1er juillet la présidence de l’Union) que la Belgique existe, que ses composantes ont cessé de douter de son avenir, et que tous les pouvoirs, fédéraux, régionaux et communautaires sont à présent décidés à travailler ensemble, à coopérer. Le message n’est, en soi, pas si anodin que cela.
La stratégie, mise au point par le Premier ministre Yves Leterme, et baptisée "2020", s’inscrit donc dans le modèle de la "Stratégie Europe 2020". Le but : définir une stratégie, commune, de sortie de crise et renouer avec la croissance.
Concrètement ? Ah, oui, concrètement Concrètement Euuuhhhh. Non, en fait, il n’y a encore rien de concret. Juste un symbole. Important, on l’a dit. Mais il faudra évidemment démontrer que l’agenda commun permettant de passer de la crise à la croissance est une réalité.
Lors de la réunion conjointe de tous les gouvernements, un agenda "BE2020" a été mis en place. Il comprend cinq axes :
- la compétitivité et la politique industrielle ;
- l’innovation et la société numérique ;
- le climat, l’énergie et la mobilité ;
- l’emploi, les compétences et la formation ;
- la lutte contre la pauvreté et pour la cohésion sociale.
Ces objectifs devraient être traduits vers la fin du mois de juin en objectifs nationaux et régionaux.
Lors de la rencontre de vendredi, les ministres ont eu le loisir de déposer des points, "entre 50 et 60" selon les participants, qui devraient faire l’objet, à l’avenir, d’une approche commune.
Quels sont-ils donc ? Par souci de collégialité, le Premier ministre n’a pas voulu en dévoiler. Tout au plus a-t-il précisé que la Région wallonne souhaitait, par exemple, conclure avec la Flandre un partenariat facilitant la transmission d’entreprises, comme elle en a signé avec la France et les Pays-Bas.
On sait aussi que la Flandre a présenté une série de demandes relatives à la défiscalisation des politiques d’innovation ou la baisse de TVA pour les bâtiments scolaires. Quant à la Wallonie, elle a redit, par la voix de son ministre-Président Rudy Demotte (PS), qu’elle souhaitait un accroissement des moyens (fédéraux) pour la politique d’accompagnement des demandeurs d’emploi et pour assurer l’augmentation du taux d’activité, particulièrement pour les femmes de 50 à 64 ans. Des demandes surtout financières. "Mais cela doit se faire, a précisé le Premier ministre, à budget constant."
On n’a donc pas parlé des quelques agaceries communautaires du moment. "L’ambiance était très bonne", a confirmé le Premier ministre. Et BHV dans tout cela ? "J’espère que BHV sera bientôt résolu", a confié Yves Leterme après sa conférence de presse. Ah bon ? Aurait-il de bonnes nouvelles en provenance de Jean-Luc Dehaene ?
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Régions. La présidence européenne, c’est donc - aussi - l’affaire des entités fédérées. Il reviendra même à chaque région de présider des Conseils européens dans des domaines de leurs compétences : recherche et compétitivité pour Bruxelles, environnement en Flandre, industrie en Wallonie. Et le groupe Ecolo du Parlement wallon en fait, déjà, le plus grand cas.
"Sur l’industrie, on peut avancer car les autres Etats connaissent les mêmes difficultés de ralentissement industriel et partagent les craintes que les industries quittent le territoire de l’Union, explique Xavier Desgain, député vert. On peut davantage progresser que sur l’environnement, par exemple, où les positions flamandes récentes sont plutôt conservatrices." C’est que toute avancée requiert d’abord le consensus intrabelge, à défaut duquel la Belgique, présidente ou pas, doit s’abstenir dans les cénacles européens
"C’est une très belle opportunité pour la Région wallonne, à ne pas louper", renchérit Bernard Wesphael, chef de groupe : "Nous avons l’occasion de prendre la main" sur des dossiers comme le renforcement des énergies renouvelables en réseaux et un pôle européen de l’acier qui pourrait réorienter les activités, améliorer les procédés et "répartir intelligemment la production en Europe en fonction des spécificités des régions. Sinon elle risque de quitter l’Union, dans des conditions sociales et environnementales inexistantes." P.P.
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