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Un Wallon sur cinq est pauvre
V.R.
Mis en ligne le 24/03/2010
Un Belge sur sept vit sous le seuil de pauvreté. C’est un chiffre qui reste stable. Mais ne cesse d’interpeller. La pauvreté - ou le risque de pauvreté, comme on dit dans les enquêtes statistiques - est un fléau qui est décidément difficile à éradiquer. Et plus dans certaines régions que d’autres. Le nombre de personnes qui vivent avec des revenus (déclarés) inférieurs à 899 euros par mois s’élève à 10 % en Flandre. Il est pratiquement deux fois plus élevé en Wallonie (19,5 %).
Ces chiffres sont tirés de l’enquête EU-SILC 2008 rendue publique ce mardi par le SPF Economie. Une enquête qui est reproduite au même moment dans chaque pays européen. D’où des comparaisons rendues possibles. Certains affirment parfois que la sécurité sociale permet à la Belgique de figurer parmi les pays enregistrant les taux de pauvreté les plus faibles. A bien considérer l’enquête EU-SILC, on se rend compte que c’est une image d’Epinal. La Belgique n’est ni une bonne ni mauvaise élève : elle se situe dans la moyenne européenne (infographie).
Cela dit, si la sécurité sociale n’existait pas en Belgique, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté serait autrement plus élevé encore. D’après les enquêteurs du SPF Economie, sans les allocations sociales, 41,7 % de la population belge vivrait dans la pauvreté. Et si on exclut de ce décompte les pensions, qui sont des allocations un peu particulières, on arrive encore à un taux de pauvreté de 27,1 %.
Là encore, la Wallonie se distingue. Sans les allocations sociales, près d’un Wallon sur deux (47,5 %) se trouverait sous le seuil de pauvreté contre 36,9 % en Flandre.
La pauvreté ne frappe pas tout le monde de la même manière. L’enquête montre ainsi que 39,5 % des familles monoparentales - le plus souvent des femmes avec enfants - sont confrontées à un risque de pauvreté. L’absence d’un emploi est aussi un facteur fragilisant. Les chômeurs ont en effet un risque de pauvreté sept fois supérieur à celui des travailleurs.
Le niveau d’études influence également grandement la situation socio-économique des ménages. Les personnes sans diplôme ou avec un diplôme d’école primaire ont un risque de pauvreté 2 fois plus élevé que les personnes ayant obtenu un diplôme de secondaire et près de 3 fois plus élevé que celles diplômées de l’enseignement supérieur.
Les chiffres 2008 montrent également une hausse de la pauvreté subjective. En effet 44 % des Belges interrogés disent avoir des difficultés à nouer les deux bouts. Un chiffre inquiétant. L’année précédente, ce taux n’était que de 37 %.
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