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Justice

Modrikamen rattrapé par ses affaires

C.M. (avec Belga)

Mis en ligne le 25/03/2010

L’avocat porte plainte contre X et deux autres personnes dont il s’est refusé à révéler l’identité. La faillite (frauduleuse ?) de Donaldson serait en cause.

Mercredi, la RTBF d’abord, le site Internet du journal L’Echo ensuite, ont annoncé que lundi, l’avocat Mischaël Modrikamen avait été auditionné "durant une quinzaine d’heures" par le juge d’instruction Michel Claise dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent. Une affaire liée, pour l’une, à Pierre Salik, ex-homme d’affaires actif dans le prêt-à-porter (les jeans Salik, la reprise avortée des magasins Kid Cool ). Et pour l’autre à la marque belge de vêtements Donaldson, faillie en octobre 2008, dont Me Modrikamen a été le conseil dès 2000 avant d’en présider le conseil d’administration entre 2006 et 2008.

Dans l’après-midi même, au cours d’une conférence de presse, il affirmait n’avoir rien à se reprocher, ni dans le dossier Donaldson, ni dans aucun autre. Dénonçant le caractère politique des attaques portées à son encontre, il a annoncé le dépôt d’une plainte pour "dénonciations calomnieuses" contre X et deux autres personnes dont il s’est refusé à révéler l’identité. "Je réserve l’ensemble de mes explications à la justice", a-t-il déclaré (voir ci-dessous).

Le dossier de la société Donaldson est "un dossier parmi bien d’autres", selon l’avocat, qui affirme l’avoir traité "dans le respect de l’éthique, des règles professionnelles et du droit". Me Modrikamen a par ailleurs rejeté tout lien dans ce dossier avec Pierre Salik. Si le nom de ce dernier a été évoqué, c’est qu’il aurait été, en son temps, un repreneur potentiel de Donaldson.

La société Donaldson a été fondée au début des années 80, basée, pour l’essentiel, sur un accord de collaboration avec Disney Company l’autorisant à reprendre certains de ses personnages mythiques tels Mickey ou Donald. La ligne, très BCBG, surfant sur le boom du marché du prêt-à-porter, a connu une belle croissance - occasionnant des "dépenses pharaoniques", tentait d’analyser postérieurement Me Modrikamen - jusqu’aux dernières heures du siècle. En 2001, 2003 et 2004, la marque bénéficiera d’un sursaut d’énergie. Fin 2007, le groupe mène une restructuration, sans que cela lui permette de redresser la barre. Début 2008, après un quart de siècle de collaboration, elle perd son contrat avec Disney Company. Mais pas l’espoir puisqu’elle maintient son objectif de se retrouver en 2010 à la tête de 58 points de vente (magasins en propre, franchises, corners) contre 26 en 2007. Le 11 juin 2008, elle introduit pourtant une demande de concordat judiciaire. "Un nouveau management et de nouvelles sources de financement se sont avérées insuffisantes pour remettre l’entreprise sur les rails", expliquait alors Mischaël Modrikamen au magazine Trends. Le 21 octobre, la faillite de Donaldson était prononcée par le tribunal de commerce de Bruxelles.

Quelques repreneurs se seraient manifestés. Dont la société Key Winner Industrial Limited, basée à Hong Kong, qui, selon l’Echo, a été écartée dans la dernière ligne droite, compte tenu d’une condamnation de son représentant belge pour banqueroute frauduleuse en Belgique une dizaine d’années auparavant.

En mars 2009, il s’avère que Donaldson fait l’objet d’un dossier de faillite frauduleuse au parquet de Bruxelles. La justice semblait s’intéresser en particulier à un mouvement d’argent apparemment suspect de près de 9 millions d’euros apportés à Donaldson fin 2006 par une société de droit uruguayen. Des fonds qui auraient transité par les comptes professionnels de Modrikamen et dont il est question aujourd’hui.

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