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Monarchie
Vande Lanotte: "C’était une erreur d’élargir les dotations"
Martin Buxant et Steven Samyn
Mis en ligne le 25/03/2010
Johan Vande Lanotte est sénateur socialiste flamand. Il fut vice-Premier ministre au sein des Exécutifs Verofstadt I et Verhofstadt II entre 1999 et 2005.
Fallait-il prendre la décision de supprimer les dotations de certains membres de la famille royale ?
Le fait que la famille royale ait demandé pour pouvoir disposer de dotations pour tous les enfants de la famille était incompréhensible. Et c’était une faute de leur accorder, et nous n’aurions pas dû faire cela. C’était vraiment une mauvaise idée et je le regrette aujourd’hui. Mais nous pensions de cette manière pouvoir plus facilement les entourer.
Les gouvernements arc-en-ciel et violette, dans lesquels vous étiez vice-Premier, ont eu à gérer les déclarations du Prince Philippe. Comment cela s’est-il passé ?
Guy Verhofstadt voulait surtout faire clairement comprendre au Roi et à son successeur qu’un problème se poserait si le Prince héritier parlait de trop. Cela donnait lieu à des problèmes au sein du gouvernement. Quand le Prince Philippe s’en est pris au Vlaams Belang, Verhofstadt a trouvé que c’était quelque chose qui n’allait pas. A l’époque, il n’y a que les francophones, et c’est compréhensible, qui disaient : "Tu ne vas quand même pas dire que tu n’es pas d’accord". Un an plus tard, quand il y a à nouveau eu un problème avec la FEB, alors Verhofstadt a réagi : "Maintenant, je vais quand même dire quelque chose". Nous avons dit cela avec force. Car il n’y a pas un seul parti qui désire que la monarchie joue à nouveau un rôle politique plus actif. Cela, c’est le passé. On n’acceptera jamais plus que ce soit le chef de l’Etat qui s’occupe de la gestion des affaires. C’est impossible. Si la monarchie accepte de se cantonner à un rôle protocolaire, avec un droit de regard moral, il n’y aura plus de problème. Quand le Roi a appelé auprès de lui les parents des enfants disparus, c’était un joli signal, mais également important.
Avez-vous beaucoup discuté des pouvoirs du Roi durant les législatures Verhofstadt ?
Dans la coalition arc-en-ciel, nous en avons beaucoup discuté, mais entre bavarder et mettre les choses en pratique, il y a une différence. Comme l’adaptation de la Constitution.
Aviez-vous discuté de l’article 195 de la Constitution ?
Oui. La possibilité de modifier les pouvoirs de la monarchie n’était pas l’unique raison, pour laquelle cet article était ouvert à révision, mais il est clair que cela a joué un rôle. On savait que via le "195" ceci était possible. Pour un gouvernement, le "195" est une pièce essentielle, mais vous avez besoin d’un large consensus, car avec le "195" vous pouvez tout entreprendre. Lorsque nous avons décidé que cet article pourrait être utilisé pour toucher aux pouvoirs du Roi, mon cabinet s’est attaché à rédiger un texte, mais ce n’était pas à nous à réaliser cette réforme de la monarchie et de pouvoirs du Roi. Car sinon on aurait dit : voilà, la violette est contre le Roi, et il n’y a qu’un seul parti qui peut organiser cela, c’est le CD&V. L’article 195 de la Constitution était une manière de ne pas lancer directement le débat, mais en même temps de conserver un moyen d’échappatoire si un problème se présentait.
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