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Restruction de l'armée

De Crem : "Près de 70 % des demandes rencontrées"

Christian Laporte

Mis en ligne le 02/04/2010

Le ministre a répondu sans faux-fuyants aux questions sur les suites de son plan.
Entretien

Pieter De Crem n’est pas mécontent d’avoir pu mener le plan de restructuration à bon port.

Le début de l’exécution ne signifie pas encore qu’il n’y aura plus de problèmes.

Non, mais il n’est pas inutile de rappeler d’où l’on vient. Je parle souvent du hold-up commis sur les moyens budgétaires de l’armée depuis le début de la décennie. Il faut rappeler qu’il y a eu une rupture dans le respect des engagements. Il fallait donc se reprendre tout en veillant à ce que les effets négatifs ne se reportent pas sur les générations à venir. Attention, je ne me considère pas comme un héros, j’ai fait les économies que l’on m’a imposées mais en même temps, j’ai pu y intégrer les nouvelles donnes actuelles comme la problématique du vieillissement ou celle du changement climatique.

Cela ne vous trouble pas de devoir encore faire ceinture par rapport à vos collègues ?

Vous ne me ferez pas juger d’autres membres du gouvernement mais je puis confirmer qu’il faudra encore faire de gros efforts. La tâche n’est pas achevée mais il fallait bien ouvrir la voie. Et j’exécute toujours un certain nombre de décisions antérieures comme le dégraissage des effectifs car les frais salariaux et les frais de fonctionnement étaient devenus intenables. J’ai utilisé toutes les pistes pour nous retrouver bientôt à 34 000 unités. Dans le même esprit, je me suis lancé à l’eau pour le plan de redéploiement.

…à un moment budgétaire globalement difficile…

Certainement, je suis arrivé avec mon projet en octobre dernier en pleine discussion sur les difficultés budgétaires. Je n’ignorais pas que je devrais affronter de fortes oppositions mais il fallait envisager des unités opérationnelles plus grandes ce qui se traduirait nécessairement par la fermeture de certains quartiers. Puis, je suis parti d’une vision volontairement non communautaire et quoi qu’on en ait dit, je puis pouvoir affirmer que le redéploiement n’a jamais épousé ces lignes de fracture-là !

Mais le plan a été très contesté ?

Là encore, ne vous fiez pas aux apparences ! Nous avons beaucoup négocié; en rétablissant la chronologie je puis vous dire que nous avons eu plus de 20 réunions et même une manifestation, le 15 novembre, même s’il faut avouer qu’il y avait là beaucoup de pensionnés ! Pour le reste, il n’y avait pas mille solutions; nous avons opté pour un plan d’accompagnement pour lequel on a quand même dégagé 22 millions d’euros.

Mais tous les syndicats ne l’ont pas approuvé…

Oui, la Centrale Générale du Personnel militaire, dans un premier temps, et le syndicat chrétien, plus récemment l’ont approuvé contrairement aux syndicats libéral et socialiste mais on a joué cartes sur table. En outre, 69 % des membres de l’armée ont vu leur demande rencontrée, en premier, deuxième ou troisième choix. Avouez que ce n’est pas si mal. Au contraire, si l’on n’avait rien fait, ce serait le "perpetuum immobile" et finalement, l’on aurait dû prendre des mesures plus radicales encore. D’accord, il n’y a pas de certitude de continuer à donner des jobs à tous mais il y a une certaine sécurité de l’emploi. Je dirais aussi qu’il y a eu une rupture culturelle avec le passé où au nom d’un certain clientélisme, il n’était pas question de déplacer le personnel.

Aujourd’hui, dans la fonction publique comme dans le secteur privé, elle est incontournable; elle le sera aussi de plus en plus dans l’armée.

Lorsque vous avez lancé le plan en octobre dernier, il n’était pas question de l’amender. Et pourtant…

Mais il a été rendu public dans un contexte budgétaire difficile et l’on m’avait dit que ce ne serait pas mal de le donner en exemple. Le cap général a quand même été maintenu. Toutes les options retenues avaient leur logique. Il se fait que pour Bastogne, l’on n’avait pas assez tenu compte de la dimension mémorielle. Et sur place ils avaient bien vu que l’on mettait en exergue Breendonk, le Boyau de la Mort voire le bunker du Mont Kemmel comme hauts-lieux de mémoire. Il fut donc décidé d’y ajouter Bastogne notamment parce qu’on venait de commémorer les 65 ans du Nuts. Mais il ne pouvait être question de tout remettre en question. Ce ne fut pas facile car sinon la citadelle de Diest, sanctuaire des paras serait toujours retenue aujourd’hui aussi mais Bastogne aura aussi la mission spécifique de regrouper les dépôts des diverses ASBL gravitant autour du travail de la mémoire.

On ne pouvait donc pas agir autrement ?

Non et je ferai remarquer que toutes la plupart des fermetures sont programmées avant les prochaines élections législatives y compris dans ma circonscription.

Pour en venir alors aux opérations à l’étranger, il y a aussi une stabilisation.

Oui, il a été décidé de ne plus accepter de nouvelles missions à l’étranger pendant la transformation de l’armée. Pas de changement en ex-Yougoslavie, au Liban dans le cadre d’Atalante et en Afghanistan où nous prolongerons notre présence d’un an. Auparavant, on renouvelait les missions tous les six mois. Pour l’Afghanistan, il n’était pas possible de ne pas tenir compte des demandes d’efforts supplémentaires de Hillary Clinton, de Bob Gates ou encore du secrétaire-général de l’Otan. La seule bonne approche politique est celle d’Obama; il s’imposait dès lors de prendre nos responsabilités. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut tout concentrer sur l’Afghanistan.

Les récents débats parlementaires ont montré une certaine frilosité d’une partie du Parlement qui redoute toujours que cela tourne mal lors d’une mission…

Nous avons près de 1300 personnes en permanence à l’étranger avec des rotations tous les 3 ou 6 mois, soit près de 6000 personnes en un an. La pression est permanente mais je prendrai toujours mes responsabilités !

Pour en venir au dossier congolais, la participation de soldats congolais au 21 juillet est-elle totalement abandonnée ?

La question de l’invitation polie lors de ma présence au Congo est tombée à un moment de tension lors de l’approbation du plan de redéploiement. Tout ce que je puis dire est qu’à l’instar de ce qui se prépare pour la visite royale sur place, il va également se pencher sur la question

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