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Édito
L’avortement reste un échec
Mis en ligne le 03/04/2010
Etre pour ou contre l’avortement est une mauvaise manière de poser le débat. En 1990, il s’est trouvé une majorité parlementaire pour voter la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Vingt ans plus tard, aucun responsable politique n’entend revenir sur cette loi. A l’occasion de cet anniversaire, "La Libre" a donc décidé de réaliser une enquête sur l’application de la loi, et sur l’état aujourd’hui des réflexions des mondes médical, politique, social, philosophique et religieux.
Une partie de l’opinion était opposée à cette évolution législative. En conscience, certains le restent, et leur position doit être respectée : pour eux, l’exigence morale est supérieure au prescrit légal.
Le principal risque - pour tous - était que cette loi banalise en quelque sorte le recours à l’avortement ; qu’elle en fasse un moyen de contraception comme un autre.
Les chiffres actuels de recours à l’IVG montrent que cela n’a pas été globalement le cas, et il faut s’en réjouir.
En effet, chaque avortement constitue une épreuve pour celle qui y recourt, et un échec.
On ne peut donc se satisfaire du nombre - 18000 - d’IVG pratiquées chaque année dans notre pays. Il est bien trop élevé et chacun, quelle que soit son opinion à l’égard de la loi en question, devrait agir pour le réduire. A côté de la loi sur la dépénalisation, en effet, le législateur avait voté une déclaration de principe sur les mesures d’accompagnement. Celles-ci sont largement insuffisantes. Ainsi, en fonction de la politique de remboursement, une IVG revient financièrement moins cher que la contraception. Ce n’est pas acceptable.
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