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26 000 postes "en pénurie" en Wallonie
P.P.
Mis en ligne le 09/04/2010
Alors que les perspectives du chômage continuent donc de s’assombrir, les métiers "en pénurie", en manque de main-d’œuvre, persistent à faire figure de paradoxe
Que pèse, aujourd’hui, le phénomène ? Pour s’en tenir à la Wallonie, le nombre de postes recensés sur ces fonctions dites critiques s’élevait à 26 153 en 2009, vient d’indiquer le ministre de l’Emploi, André Antoine (CDH), au député Pierre-Yves Jeholet (MR). C’est un minimum, puisque la statistique n’intègre pas les offres d’emploi empruntant d’autres canaux de recrutement que le Forem.
Naturellement, certains métiers critiques représentent davantage en postes. Quatre professions en totalisent à elles seules plus de 6 000 : 1 990 pour les infirmiers généralistes ; 1 537 pour les serveurs en restauration ; 1 515 pour les représentants à domicile ; 1 283 pour les électriciens du bâtiment. Les quelque 26 000 postes se répartissent en 55 fonctions critiques, selon la liste dont la dernière actualisation (sur les offres d’emploi de 2008) commence à dater ("La Libre" du 22/07/09). Seize métiers y étaient alors apparus pour la première fois, dont ceux d’ergothérapeutes et cadres techniques d’entretien. La construction y est généralement fort présente, et le paramédical aussi. La "criticité" d’un métier résulte d’un mélange de critères objectifs (volume d’offres, taux de réponses ) et d’appréciations plus qualitatives des conseillers en recrutement.
Et comment endigue-t-on le phénomène ? Côté wallon, c’est sous le nom de "Job Focus" que le Forem a développé diverses actions spécifiques en orientation et formation. Ainsi, "bon nombre de fonctions critiques sont couvertes", souligne M. Antoine. "Il est primordial que le Forem se tourne vers les formations qualifiantes et axées sur les métiers en pénurie", réplique M. Jeholet. En moyenne, insiste le député, "on compte seulement 4 500 formations qualifiantes par an pour 290 000 chômeurs indemnisés. Une formation sur 9 du Forem est qualifiante, aboutit à un métier. C’est beaucoup trop peu. Et à quoi servent les 8 autres ?"
Quant au taux d’insertion, qui évalue le nombre de personnes trouvant un emploi dans les 12 mois suivant leur formation, il est en moyenne de 64 % sur un an au Forem, toutes formations confondues, et de 70 % pour celles qualifiantes. Il n’y a pas d’assurance que les demandeurs d’emploi insérés le sont bien dans le métier appris, car les données de l’ONSS identifient le statut du travailleur mais pas sa profession. Toutefois, pour les métiers en demande, le Forem procède par coups de sonde. C’est ainsi, pour les stagiaires sortis en 2007, que le taux d’insertion atteindrait 85 % pour les caristes manutentionnaires, 86 pour les opérateurs d’entrepôt et 89 pour les fontainiers, mais ne dépasse pas 71 % pour les maçons, 72 pour les menuisiers et 73 pour les peintres ou électriciens industriels.
Les différents offices de l’emploi (Forem, Actiris, VDAB) recensent les métiers en pénurie dans chaque région sur leur site respectif, tandis que l’Onem publie sur le sien une liste des études préparant à une profession "pour laquelle il existe une pénurie significative de main-d’œuvre".
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