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Édito
La tête haute
Mis en ligne le 21/04/2010
Mardi soir, Jean-Luc Dehaene a donc jeté l’éponge, constatant que ses propositions ne pouvaient faire l’objet d’un accord entre francophones et Flamands. Salut l’artiste.
Sans doute est-ce mieux ainsi. Car depuis le début de cette négociation, Jean-Luc Dehaene, malgré des efforts sans doute sincères, a donné l’impression, aux interlocuteurs francophones, qu’il était particulièrement perméable aux thèses de ses amis flamands. De ce fait, il s’est montré incapable de placer la balle au centre. Ses propositions étaient à ce point unilatérales que certains affirment qu’il a ainsi voulu précipiter la fin d’une mission à laquelle il ne croyait plus.
Jean-Luc Dehaene est un homme politique flamand. Il l’a prouvé. Quand il était bourgmestre de Vilvorde, il a, comme les autres maïeurs flamands, menacé de boycotter les élections européennes tant que l’arrondissement de BHV ne serait pas tranché.
Sans doute les francophones ont-ils sous-estimé ce fait, ne gardant de lui que le souvenir d’un Premier ministre au-dessus de la mêlée.
Bien sûr, tout est quasiment à refaire et on ne sait pas encore si le Premier ministre passera, sans encombre, jeudi, le cap du Parlement. Cet épisode peut aussi accroître la tension et raidir les partenaires flamands.
Mais il faut se réjouir du sursaut francophone et du choix, posé par les présidents du MR, du PS, du CDH et d’Ecolo de réaffirmer fermement leurs positions. Car sans appeler à une logique de front contre front, les francophones n’ont d’autre choix, face à la détermination flamande, que de s’opposer, unis, à ce qui est inacceptable ou indigne. Chacun devra sortir la tête haute de la négociation. Pas à genoux.
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