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BHV

Pourquoi l’Open VLD joue les durs?

M.Bu.

Mis en ligne le 22/04/2010

De Croo et cie estiment que le parti se reconstruira mieux depuis l’opposition.

Leçon: ne jamais se fier aux apparences. Avec sa tête de gentil garçon, Alexander De Croo aura vite appris à jouer les "bad boys". C’est lui qui, à 33 ans, est à la manœuvre communautaire pour le compte de l’Open VLD, un parti qu’il préside depuis décembre dernier seulement. C’est lui qui menace de faire sauter le gouvernement fédéral dont son parti est membre. Et c’est lui qui est l’artisan de l’ultimatum posé par sa formation politique (expiration: ce jeudi 14h).

Bref rappel, De Croo Jr avait raflé la mise en décembre contre le candidat de l’appareil - Marino Keulen - au terme d’un parcours électoral interne haletant. Et contre toute attente : ils étaient peu nombreux à parier sur ses chances de succès. Un homme pourtant fit exception : le ministre fédéral Vincent Van Quickenborne. "Q", marginalisé au sein de son parti, a flairé le bon coup, et s’est porté colistier d’Alexander De Croo. Et le voilà devenu personnage stratégique au sein de la formation politique bleue. Ces deux-là s’entendent (très) bien, et n’ont qu’un objectif en tête : restaurer la crédibilité et l’image de leur parti. Et "cela doit se faire", estime l’un des généraux quatre étoiles du parti, "depuis les bancs de l’opposition".

L’analogie que pointent De Croo/Van Quickenborne entre la situation de leur formation politique aujourd’hui et celle du CD&V avant 2007 est pertinente. C’est, en effet, cette cure d’opposition qui a été salutaire à la formation politique d’Yves Leterme et lui a permis de se refaire une santé électorale. Pour revenir gonflée à bloc lors du scrutin législatif de 2007.

A partir de là, les bouliers compteurs du VLD ont commencé à tourner. Mieux vaut pour l’Open VLD des élections aujourd’hui qu’après les six mois de présidence européenne de la Belgique. C’est que tous les postes en vue sont occupés par des responsables du CD&V. Et dès juillet, le semestre de présidence donnera une estrade sans pareille à Herman Van Rompuy, à Yves Leterme et à Steven Vanackere. Qu’a donc à gagner l’Open VLD dans cette promotion de son principal concurrent ?

Mais pourquoi donc se sont-ils enfermés dans un ultimatum ? Simple : un moratoire de six mois sur le communautaire s’apparenterait pour les libéraux flamands à une erreur fatale : le contentieux BHV reviendrait tel un boomerang dans la vie politique belge dès l’hiver prochain. Et les libéraux flamands ne peuvent pas gagner un scrutin dont les enjeux principaux seraient le communautaire : ils seront toujours moins "durs" que la N-VA ou le CD&V. Autant, dès lors, aller au clash aujourd’hui - quitte à rejoindre les bancs de l’opposition.

N’est-ce pas là une tactique de quelques jeunes chiens fous qui auraient pris l’Open VLD en otage ? Nee. La jeune garde réunie autour de De Croo a, assure-t-on, même reçu l’aval de Guy Verhofstadt ou encore de Patrick Dewael pour prendre cette direction. "Tant que les problèmes communautaires sont sur le devant de la scène, nous ne pouvons rien faire dans ce gouvernement", a confié récemment Verhofstadt à l’un de ses interlocuteurs. "On ne peut sans arrêt reculer les échéances", a pour sa part fait valoir Patrick Dewael lors d’une réunion de parti cette semaine. Et puis, Alexander, "fils de", a (aussi) le soutien de papa dans cette aventure. Herman De Croo est en effet excédé par la tournure communautaire des évènements. Au vrai, chez les libéraux flamands, le Bruxellois Guy Vanhengel était un peu seul à avancer à reculons. Le vice-Premier ministre n’avait aucune envie que les siens quittent l’esquif fédéral. Mais, devant une telle unanimité, il a (tout) récemment rallié l'avis de ses collègues de parti.

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