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Crise

Les réactions des politiques après la chute du gouvernement

BELGA

Mis en ligne le 27/04/2010

La présidente du cdH Joëlle Milquet s'est déclarée profondément fâchée lundi soir de l'attitude de l'Open Vld, responsable à ses yeux de la chute du gouvernement Leterme II désormais acceptée par le Roi. "Il n'y a eu aucune volonté de la part de l'Open Vld, sinon celle de se lancer dans un show médiatique", a-t-elle déclaré sur la RTBF. Mme Milquet dénonce les "raisons particratiques" et "l'absence de sens de l'intérêt général" des libéraux flamands, "profondément irresponsables" selon elle.

Elle pointe aussi du doigt la décision du président de la Chambre Patrick Dewael (Open Vld) de convoquer une séance plénière pour jeudi, en l'absence de consensus, avec l'éventualité d'une mise à l'ordre du jour par les partis flamands des propositions de loi de scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

"On a alors compris quel était le sens de l'histoire pour l'Open Vld", a commenté Mme Milquet, rejetant toute responsabilité de la part des francophones. La présidente des démocrates-humanistes attend maintenant des initiatives royales supplémentaires.

Maingain se félicite de la solidarité francophone

Le président du FDF Olivier Maingain s'est réjoui sur les antennes de la télévision de la RTBF du fait que les partis francophones aient fait preuve dans cette crise d'une solidarité exemplaire, qui ne s'était pas vue auparavant. Rien ne pouvait satisfaire les francophones dans le travail de M. Dehaene, comme je l'avais dit tout haut auparavant, a-t-il dit en substance. Pour M. Maingain, nous ne sommes pas au bord du précipice ou d'une crise de régime et le gouvernement continue à fonctionner en affaires courantes.

Possibilité de chaos avec des élections, selon Onkelinx

La vice-première ministre PS Laurette Onkelinx a indiqué que l'organisation d'élections après la démission du gouvernement c'était engendrer la "possibilité du chaos". S'il faut des élections, "nous irons mais il faut éviter le chaos", a-t-elle dit, appelant à "trouver une solution". Mme Onkelinx a pointé l'Open Vld comme le responsable de la crise. "Je suis en colère contre les pyromanes libéraux flamands", a dit la ministre PS. Il s'agit d'une "crise grave de l'Etat", a-t-elle ajouté, estimant qu'on était pas loin de la "crise de régime".

Laurette Onkelinx a salué l'action du président du MR Didier Reynders qui a "essayé de rassembler les conditions" pour relancer la négociation. Elle a cependant égratigné le président des FDF Olivier Maingain, lui reprochant, "aujourd'hui encore d'avoir mis de l'huile sur le feu".

Reynders: la décision de Leterme est "compréhensible"

La décision du Premier ministre de proposer la démission du gouvernement est "compréhensible" face à l'ultimatum posé par l'Open Vld et la menace d'aller vers une décision flamande unilatérale de scinder l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, a affirmé lundi soir le vice-premier ministre et président du MR Didier Reynders. Didier Reynders a estimé qu'il fallait peut-être prendre de la hauteur au cours des prochaines semaines pour définir ce que Flamands et francophones veulent encore faire ensemble. "Est-il possible de rechercher une solution négociée avec les mêmes partenaires, je ne le pense pas", a-t-il commenté.

"On avait fait tout ce qu'il était humainement possible de faire au cours du week-end pour redémarrer les négociations", a dit le président du MR, faisant allusion à la mission qui lui avait été confiée par le Roi au cours du week-end. "J'avais reçu des engagements y compris au sein du parti libéral flamand sur la manière de redémarrer", a-t-il ajouté, soulignant que le climat s'est dégradé au cours de la journée de lundi.

Selon Didier Reynders, il y avait toutefois un manque de confiance "essentiel" entre le CD&V et l'Open Vld qui a visiblement fait le choix "d'aller aux élections". D'après lui, la décision du Premier ministre Yves Leterme est compréhensible car il était pratiquement impossible pour lui de négocier un accord en deux jours.

Leterme regrette que le dialogue n'a pas abouti au résultat espéré

Le premier ministre Yves Leterme, dont le roi a accepté lundi la démission du gouvernement, a déploré dans un communiqué que "le nécessaire dialogue devant permettre d'aboutir à une solution négociée (sur BHV) n'a pas permis d'atteindre le résultat escompté". M. Leterme ne pointe personne comme responsable de cet échec. Il remercie Didier Reynders qui avait été chargé par le roi de réunir les conditions devant permettre de restaurer la confiance entre partenaires.

Evoquant le travail effectué par son équipe gouvernementale en matière de Justice, de Défense, et dans la préparation de la présidence européenne, M. Leterme indique que "cette tâche doit pouvoir être poursuivie". Chargé d'expédier les affaires courantes, le premier ministre sortant dit attendre les initiatives du chef de l'Etat.

Une crise institutionnelle "scandaleuse", selon Di Rupo

Le président du PS Elio Di Rupo a jugé lundi soir scandaleux le déclenchement d'une crise institutionnelle dans le contexte socio-économique actuel, pointant du doigt la responsabilité "énorme" des libéraux flamands dans la démission du gouvernement Leterme II.

"Depuis une grosse semaine, l'Open Vld oblige à parler de délais au lieu de parler du fond", a-t-il dit, jugeant par allusion au président de l'Open Vld Alexander De Croo que "quelqu'un essaie visiblement de se faire un prénom alors que l'on parle de l'avenir du pays et que les francophones ont fait preuve de bonne volonté".

M. Di Rupo n'est pas favorable à des élections anticipées. Outre qu'elles signifieraient probablement une radicalisation de l'électorat, elles amèneraient aussi un "chaos juridique" du fait de l'exigence, posée par la Cour constitutionnelle, d'une solution au dossier BHV. Il faut éviter de s'engager dans une aventure supplémentaire, a commenté M. Di Rupo.

Il ajoute que son parti veut se montrer constructif pour trouver une solution et attend désormais les initiatives royales.

Colère et consternation chez Ecolo

Ecolo se dit en colère et consterné après avoir pris connaissance de la chute du gouvernement, compte tenu des enjeux sociaux, économiques et environnementaux du moment. "Depuis l'opposition, Ecolo et Groen! ont tout fait pour éviter ce scénario qui est un véritable gâchis tragique pour ce pays. Il est révoltant de constater qu'une famille qui siège dans l'opposition prenne ses responsabilités là où d'autres, pourtant au gouvernement, se complaisent dans des scénarios de crise qui mènent à l'impasse", dénoncent les co-présidents Jean-Michel Javaux et Sarah Turine dans un communiqué.

Les Verts francophones craignent également que des élections anticipées ne règlent rien. "A la lumière des ukases et des ultimatums que d'aucuns se balancent à la figure, nous craignons que les choix soient limités. Il faut désormais tout faire pour arrêter de nous ridiculiser en Belgique, en Europe et sur la scène internationale", disent les co-présidents.

Une nouvelle préoccupante pour les deux communautés et pour Bruxelles, selon Picqué

L'annonce de la démission du gouvernement fédéral est une mauvaise nouvelle, préoccupante pour Bruxelles, a affirmé lundi soir le ministre-président bruxellois Charles Picqué, interrogé par l'agence Belga. Plus globalement, "la démission du gouvernement fédéral n'est pas une bonne nouvelle car cela démontre la grande difficulté pour les deux communautés de s'entendre sur des sujets qui divisent", a commenté Charles Picqué. Pour lui, il est évident que s'il existait une réelle volonté d'aboutir, une dizaine de jours supplémentaires auraient pu suffire pour obtenir un accord.

"Pour la Région bruxelloise, c'est une mauvaise nouvelle préoccupante car on était dans un processus de collaboration avec le fédéral sur des sujets aussi importants et urgents que la sécurité, la mobilité ou encore la formation et l'accompagnement des demandeurs d'emploi", a ajouté le ministre-président bruxellois.

Charles Picqué a enfin jugé "très important, dans un tel contexte, que le gouvernement bruxellois continue à fonctionner normalement sans importer les tensions communautaires en son sein".

Dedecker: La solution la plus logique au chaos qui domine au gouvernement Leterme

La chute du deuxième gouvernement Leterme est la solution la plus logique au chaos qui a dominé au sein du gouvernement fédéral depuis 3 ans. "Durant trois ans, tant le CD&V que l'Open Vld ont tenu les électeurs flamands en haleine avec des promesses de réforme de l'Etat. Mais entre-temps, ils ont laissé leurs partenaires francophones mener le pays vers la destruction", a affirmé la Lijst Dedecker.

Pour le président de la formation ultra-libérale flamande, Jean-Marie Dedecker, ni les deux cabinets Leterme , ni le cabinet intérimaire Verhofstadt n'ont engrangé "le moindre résultat positif".

"Le champion des voix de préférence Yves Leterme a maintenant vraiment fait la preuve qu'il n'était pas capable de faire ce travail", a-t-il poursuivi. La LDD a par ailleurs épinglé "l'improvisation tant du CD&V que de l'Open Vld en matière de réforme de l'état. Les contradictions avec l'extrémisme de gauche du PS, du cdH et d'Ecolo bloquent toute réforme, qu'il s'agisse des pensions, du chômage, des soins de santé ou de l'emploi".

La Lijst Dedecker a enfin souligné qu'il fallait donner le signal aux francophones "dont la stratégie ne consiste qu'à maintenir les transferts de milliards d'euros du nord vers le sud du pays chaque année", que la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde n'était qu'une première étape à réaliser sans compensation, avant une autonomie accrue pour la Flandre".

"Laisser s'exprimer le citoyen", déclare l'Open Vld

Le président de l'Open Vld, Alexander De Croo, plaide lundi pour l'organisation d'élections anticipées afin de "laisser s'exprimer le citoyen".

Selon M. De Croo, il est apparu au cours des derniers jours que les conditions émises par son parti pour la reprise de négociations ne pouvaient être remplies. L'Open Vld voulait une solution pour jeudi. "Il était clair qu'on ne respecterait pas le timing et qu'on ne prendrait pas suffisamment en compte le travail effectué par Jean-Luc Dehaene". D'après la président de l'Open Vld la "volonté politique" n'y était pas.

Alexander De Croo refuse d'assumer la responsabilité de l'échec. "Nous avons fait tout ce qui était possible pour négocier une solution négociée", a-t-il affirmé.

Thyssen: On a pourtant tout fait pour que ça n'arrive pas

Pour la présidente du CD&V Marianne Thyssen, c'est aujourd'hui un jour noir pour la politique. Dès avant la démission du gouvernement, les libéraux flamands se sont placés dans une logique d'élections et les libéraux francophones ont miné les négociations, a-t-elle déclaré lundi soir sur les antennes de la VRT.

La présidente s'est dite très déçue par les partis parce qu'ils n'ont pas été capables de s'asseoir à la table et de trouver une solution à des problèmes d'une telle importance. "On a pourtant tout fait", a-t-elle dit. Mme Thyssen a regretté que tous les efforts faits autour de BHV n'aient pas abouti. Elle a pointé le doigt vers les libéraux, flamands et francophones, Olivier Maingain en tête. Selon elle, c'est lui qui a miné les négociations, alors qu'Open Vld ne pensait qu'aux élections, en utilisant l'argument de l'échéance stricte.

Ceux qui ont rendu la négociation impossible portent une lourde responsabilité, selon elle. On se trouve non seulement devant des élections contraires à la Constitution mais tout le travail autour de BHV va devoir être recommencé. Elle estime qu'après les élections, la procédure autour de la proposition de loi flamande scindant BHV va devoir repartir de zéro et que les négociations n'en seront pas plus faciles pour autant.

La présidente des démocrates-chrétiens flamands espère cependant que d'ici les élections, une liste des articles de la Constitution qui pourront être soumis à révision pourra être élaborée.

Elle pense aussi que des élections ne sont pas totalement inévitables. "Nous allons voir ce qui se passe. L'initiative se trouve à présent chez le roi", a-t-elle dit, ajoutant toutefois qu'elle ne craignait pas l'épreuve des urnes. "Nous avons tout fait pour scinder BHV. Nous ne sommes pas non plus les auteurs de la loi électorale et nous avons fait tous les efforts nécessaires pour éviter des élections anticonstitutionnelles", a encore dit Marianne Thyssen.

"Au CD&V de clarifier la situation, selon Groen!

Le CD&V doit rapidement clarifier la situation, maintenant que le Roi a accepté la démission d'Yves Leterme, a affirmé lundi soir le président de Groen! Wouter Van Besien.

Pour lui, un gouvernement d'urgence n'a de sens que s'il dispose de chances de réussir et d'un nombre de sièges suffisants pour résoudre l'équation BHV.

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