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crise politique
Première mise en jambes "pro-belge"
Christian Laporte
Mis en ligne le 30/04/2010
On n’était peut-être pas encore très nombreux mais on reviendra et cette fois, nous montrerons à nos décideurs politiques qu’il est temps d’écouter aussi les citoyens"...
Sur la place Surlet de Chokier et son monument à la Brabançonne, aux abords de la zone neutre et de la concentration de tous les Parlements belgo-belges, ils sont près de 200 à se retrouver à l’appel spontané et plutôt discret d’un nouveau mouvement dont le nom ne cache pas ses objectifs : "I Love Belgium".
Tout a commencé jeudi dernier lorsqu’ayant appris "le bordel" qui régnait à la Chambre avec le retrait de l’Open VLD de la majorité, un groupe d’étudiants de l’ULB ont manifesté au centre de Bruxelles, leurs drapeaux belges à la main.
Mieux, ils sont allés à la rue Melsens au siège des libéraux flamands où ils ont interpellé le président De Croo. L’appétit vient en marchant ou plus tragiquement, la tournure prise par la crise politique ces dernières heures les a incités à s’organiser, à se donner un nom de code générique et à mobiliser pour un rassemblement un peu élargi à tous ceux qui pouvaient se libérer ce jeudi entre 17 h 30 et 20 h.
Michael Karafilakis, étudiant en science po à l’ULB, était visiblement déjà satisfait d’avoir réveillé les esprits. Il y a là bien sûr les militants "pro-belges", ceux de "Pro Belgica", ceux de B Plus comme des militants de BUB, Belgische Unie-Union belge qui n’ont pas tout à fait respecté les mots d’ordre, puisqu’ils ont débarqué avec leurs drapeaux partisans, étant eux demandeurs d’un peu réaliste retour à la Belgique unitaire.
Mais qu’à cela ne tienne, l’heure n’est pas à la chamaillerie interne - ce serait un comble ! - mais plutôt à une mise en jambes qui se veut sympa, sans slogans vengeurs ni programme mais la volonté de montrer au monde politique qu’il y a encore des Belges. Un constat : la moyenne d’âge du rassemblement est plus basse que de coutume grâce à la présence d’un grand nombre de jeunes.
Avec une mention spéciale pour les rhétos du Collège Saint-Hubert de Boitsfort qui se font non seulement entendre mais que l’on remarque aussi à leurs chapeaux tricolores que l’on trouve habituellement dans les stades sous le patronage d’une bière dont les hommes savent pourquoi ils la boivent... Mais s’ils ont débarqué avec un casier, l’on est surtout étonné par leur maturité politique et pas seulement parce que l’après-midi même, ironie de l’Histoire, ils viennent de rencontrer des représentants des formations francophones démocratiques.
Parmi eux, trois authentiques internaux de l’équipe belge de rugby des moins de 18 ans qui viennent de finir à la 4e place du championnat d’Europe...
L’atmosphère reste bon enfant jusqu’au moment où un provocateur plaidant, selon son panneau, pour la séparation de la Flandre et de la Wallonie vient déchirer sous leurs yeux un drapeau belge. Provocation inutile, car le contre-manifestant soliste prend ses jambes à son cou lorsqu’il voit débarquer, surgis d’on ne sait où, plusieurs policiers qui avaient reçu l’ordre de jeter un œil sur le bon déroulement de la mobilisation.
Dans l’assemblée, l’on remarque des professeurs d’université mais fort peu d’hommes politiques sinon Bernard de Gerlache, fils et petit-fils d’explorateurs du Pôle ou encore Geoffroy Coomans de Brachêne et Michel Breydel, conseillers MR à Bruxelles et à Ixelles mais on connaît aussi leur engagement pro-belge. Et Marie-Claire Houard à la base de la manif’ de novembre 2007 a aussi repris le collier. A l’évidence, les citoyens vont s’inviter dans la campagne électorale...
Savoir Plus
Le mouvement BPlus appelle à une mobilisation citoyenne
Le mouvement BPlus regrette la chute du gouvernement fédéral "et ses conséquences dramatiques sur le quotidien des 10 millions de Belges en ces temps de crise économique" et appelle les citoyens wallons, flamands et bruxellois "à descendre massivement dans la rue afin d'exprimer leur désir de continuer à vivre ensemble", a-t-il fait savoir dans un communiqué. Estimant que l'Etat belge doit être "profondément réformé afin de se muer en véritable modèle fédéral efficace et solidaire", le mouvement met également en garde contre "le nationalisme et les discours haineux", qui risquent d'émailler la prochaine campagne électorale et qui ne pourront mener, selon lui, "qu'à l'instabilité et l'animosité réciproque, pour ne pas parler de violence".
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