Abonnez-vous a La Libre Belgique

Wallonie | Formule 1

Chaos sur la piste de Francorchamps

Philippe Lawson

Mis en ligne le 27/05/2010

Trois ans après la fin des travaux, le bâtiment F1 n’est toujours pas réceptionné. Les malfaçons persistent, la Région a confié la défense de ses intérêts à un avocat.

Plus rien ne va à Francorchamps où les deux sociétés censées coopérer pour assurer le développement du circuit de Formule 1 (F1) se regardent en chiens de faïence. Les dirigeants de la société patrimoniale (ISF) à qui appartiennent les infrastructures et ceux de la Société de promotion du circuit de Spa-Francorchamps (SPCSF), organisatrice de plusieurs événements sportifs, à couteaux tirés. Dans une note dont "La Libre" a eu connaissance, la Société de promotion reproche un ensemble de dysfonctionnements au propriétaire et d’après les dirigeants, ceux-ci pourraient engager la responsabilité du circuit ou de ses dirigeants si des réparations ne sont pas faites.

Concrètement, trois ans après la fin des travaux, le bâtiment F1 n’est toujours pas réceptionné et les conflits s’enliseraient avec les entrepreneurs. Des fissures sont de plus en plus apparentes à plusieurs endroits sur les murs, de l’eau s’écoulerait régulièrement dans les parkings sous-terrains. Le système de climatisation ne fonctionne pas normalement, car il ferait trop chaud ou trop froid et il est impossible de régler différemment la température dans les bureaux situés au nord et ceux du sud du bâtiment. La salle des commentateurs serait dépourvue de climatisation. La passerelle le long de l’emplacement des VIP serait dans un état préoccupant, voire dangereux pour les spectateurs. Les alarmes se déclenchent de façon intempestive (y compris dans la salle de presse). Pour assurer ses arrières, la Région wallonne a confié la défense de ses intérêts au cabinet de l’avocat Francis Haumont (Wavre) dans le cas où il n’y aurait pas d’accord à l’amiable avec les entrepreneurs pour la réparation des défauts.

Il y a également les infractions urbanistiques (modifications importantes au relief du sol dans le cadre de la construction des parkings P1 et P15, pertuis sans permis, etc.). Mais aux dernières nouvelles, il semble qu’il y a eu un accord entre les propriétaires des infrastructures de Francorchamps et les plaignants. En tout cas, l’avocat chargé de défendre les intérêts de ces derniers a été prié d’arrêter la procédure d’infractions.

Mais aujourd’hui, le dialogue semble être rompu entre les dirigeants de l’ISF et de la SPCSF. Jean-Marie Happart, président de l’ISF et Pierre-Alain Thibault, directeur général du circuit, se seraient même venus aux mains, le premier refusant au second l’accès des bureaux de l’ISF. Mais aucun des deux protagonistes n’était disponible hier pour donner leur version des faits. Par ailleurs, des techniciens d’AIB Vinçotte, venus inspecter le 10 mai l’installation défectueuse ayant entraîné une panne électrique lors des 1000 km (deuxième week-end de mai) se sont vu refuser l’accès par l’ISF. La dernière preuve en date du climat tendu entre les deux structures est la mise en demeure envoyée par le président Jean-Marie Happart, à la société de promotion (SPCSF) pour lui réclamer une facture de près de 804000 euros. Et de les menacer d’une procédure judiciaire de recouvrement si les dirigeants ne s’exécutent pas dans les meilleurs délais. "J’ai pris la décision de ne pas commenter ce que dit M. Happart. La diversion est faite pour qu’on s’en serve", nous a confié Etienne Davignon, pressenti pour présider la future Société du circuit de Spa-Francorchamps, laquelle absorbera les deux structures actuelles (ISF, SPCSF).

Il faut dire que la création de la future société anonyme tarde à se concrétiser, alors que le gouvernement wallon en a validé le principe depuis décembre 2008 et a confié la tâche au ministre régional de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS). Pour des observateurs, le retard est un élément supplémentaire de complication des relations entre les hommes. "Le rôle de chacun des partenaires n’est pas bien défini, d’où ces tensions qui empêchent toute relation harmonieuse entre les dirigeants des deux structures actuelles. La situation ternit l’image du circuit, car l’ISF ne transmet pas toutes les informations à la société de promotion et les cocontractants de celle-ci se retrouvent privés de certains éléments d’analyse. Il n’y a que le politique qui peut siffler la fin de la récréation", nous a confié une source proche du dossier.

En attendant, le Liégeois Jean-Claude Marcourt est en retrait. Selon M. Davignon, une réunion est encore prévue cette semaine pour notamment faire le point sur l’évolution du dossier de création de la future société unique de gestion du circuit.

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page