Abonnez-vous a La Libre Belgique

Bruxelles | Infrastructures

Mais que faire du palais de justice ?

Raphaël Meulders

Mis en ligne le 27/05/2010

Une table ronde s’est penchée sur le futur du bâtiment de la place Poelaert.

Fier comme Artaban, il trône sur la place Poelaert, nom de l’architecte qui le dessina, depuis près de 130 ans. Inébranlable, le "plus grand palais de justice du monde" ? Plus vraiment depuis quelques semaines et l’hypothèse émise par les ministres Stefaan De Clerck (Justice) et Didier Reynders (gestion des bâtiments) de délocaliser une grande partie de ses affectations vers d’autres cieux. Une idée qui s’inscrit dans la logique de ces dernières années de vider le "vieux palais" de ces différentes sections (le parquet vers le Portalis, la justice civile aux Quatre bras ). Stefaan De Clerck évoque ainsi le déplacement des audiences avec détenus près de la future prison de Haren, dans le nord de Bruxelles, afin "d’éviter de coûteux et périlleux transferts". Un contresens, selon Luc Hennart, le président du tribunal de Première Instance de Bruxelles qui estime que ce n’est pas à la "Justice d’aller à la prison". "On parle d’insécurité, mais à mon sens, elle est surdimensionnée : en dix ans, il y a peut-être eu une ou deux tentatives d’évasion à l’intérieur du palais. Ceci dit, c’est vrai que son entretien est très coûteux." Selon le magistrat, il faut veiller à une "utilisation rationnelle" de cet immense espace de près de 26 000 m2. "Mais la Justice doit y garder une place, car ce bâtiment en est le symbole", poursuit Luc Hennart, qui s’étonne que ce soient les tribunaux demandant "le moins à être sécurisés" qui aient quitté le palais en premier. "On a tout fait à l’envers."

Même son de cloche du côté du dessinateur François Schuiten, également venu assister à la table ronde organisée, hier, par Ecolo sur le sujet. "Mettre une salle de spectacle au palais de justice, cela a un sens. Mais il faut aussi y garder la Justice. La faire quitter le palais serait une erreur historique." L’écrivain n’est pas tendre envers les hommes politiques. "Ils se perdent totalement. Leur décision, c’est avant tout de l’inculture. Les gens qui décident ne connaissent pas l’histoire du palais, son passé, ses projets." Chacun ne l’entend pas de cette voix-là. De l’immense "souk" du chorégraphe Franco Dragone au centre de commerce de l’architecte Antoine Pinto en passant par le palais des musées imaginé par l’entrepreneur Eric Domb, les projets de réaménagement les plus divers ont fleuri ces derniers jours dans la presse.

Pour l’architecte Francis Metzger, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités. "Ce bâtiment n’est pas intéressant pour le privé, car il ne sera jamais rentable, à moins de le démolir " Selon lui, plutôt que d’un appel à projet, le monde politique devrait lancer un appel à budget. "C’est le nœud du problème. On essaye de vider le palais de sa fonction première, et c’est le condamner à devenir une ruine. Car, croyez-en mon expérience, un bâtiment inoccupé se dégrade très rapidement. Celui-ci transpire la Justice. Il faut y réinvestir massivement dans ce sens."

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page