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Union européenne

La présidence belge dans l'ombre d'Herman Van Rompuy

Belga

Mis en ligne le 18/06/2010

La présidence belge de l'Union européenne ne sera pas, pour le prochain locataire du 16 rue de la loi, l'occasion de se constituer facilement un capital de notoriété internationale, comme ce fut le cas pour Guy Verhofstadt en 2001.

La présidence belge de l'Union européenne ne sera pas, pour le prochain locataire du 16 rue de la loi, l'occasion de se constituer facilement un capital de notoriété internationale, comme ce fut le cas pour Guy Verhofstadt en 2001. Avec l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne et l'intronisation d'un président du Conseil européen, la présidence tournante a perdu une grande partie de son prestige. Mais dans l'ombre d'Herman Van Rompuy, certains ministres belges continueront de jouer un rôle important. En 2001, la présidence belge avait permis à Guy Verhofstadt, récemment devenu premier ministre, de se forger une image d'homme d'Etat en côtoyant les grands de ce monde, mais aussi de jouer un rôle de premier plan dans la construction européenne. En faisant acter par les autres chefs d'Etat et de gouvernement la déclaration de Laeken, il jetait les bases de la Constitution européenne, futur traité de Lisbonne. Mais depuis que celui-ci est devenu une réalité, le 1er décembre 2009, la gestion des grands dossiers européens est dévolue au président stable du Conseil. Il revient désormais à Herman Van Rompuy - et non plus aux Premiers ministres des pays assurant la présidence - d'organiser les sommets et d'en déterminer l'agenda. C'est également lui qui représente l'Union dans les grandes réunions internationales, en coopération avec le président de la Commission José Manuel Barroso.

Au premier semestre de l'année, le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero n'a pas pris toute la mesure des innovations du traité. Sa présidence a été émaillée de malentendus sur la répartition des tâches avec M. Van Rompuy. Le gouvernement espagnol a tenté de tirer à lui la couverture médiatique en prenant l'initiative sur la réforme de la gouvernance économique de l'Union, ou en cherchant - sans succès - à inviter Barack Obama pour un sommet à Madrid. Après cette phase de flottement tolérée dans un contexte de transition, la Belgique entend bien établir des précédents et appliquer à la lettre l'esprit du traité de Lisbonne. En ligne avec la tradition belge, le Premier ministre sortant, Yves Leterme, a assuré qu'il comptait laisser les institutions communautaires jouer pleinement leur rôle. En tout état de cause, un gouvernement en affaires courantes n'aura pas vraiment le poids politique nécessaire pour s'imposer.

Avec le traité de Lisbonne, le Premier ministre ne sera pas le seul à devoir s'éclipser de la scène européenne. Le ministre des Affaires étrangères voit lui aussi son rôle considérablement réduit, avec l'arrivée d'un chef de la diplomatie européenne. Il y a neuf ans, Louis Michel avait joué un rôle de premier plan au lendemain des attentats du 11 septembre, en coordonnant les points de vue de ses homologues et en les représentant à l'étranger. Ces fonctions reviennent désormais à Catherine Ashton. L'actuel ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, aura donc une place plus modeste, même s'il continuera de présider le Conseil des Affaires générales (CAG). Celui-ci réunit chaque mois les ministres chargés des Affaires européennes (souvent les chefs de la diplomatie eux-mêmes) pour faire le point sur les grands dossiers.

Mais c'est dans les formations sectorielles du Conseil que la Belgique devra déployer tout son savoir-faire. Affaires économiques et financières, Justice et Intérieur, Affaires sociales, Santé, Agriculture, Budget... autant de matières où la présidence nationale continue de jouer pleinement son rôle. Il s'agit de trouver des compromis parfois délicats entre les Etats membres, mais aussi avec le Parlement européen, dont le rôle s'est considérablement accru. Certains ministres pourront aussi voler, à l'occasion, un peu de lumière des projecteurs internationaux. Ce sera le cas pour la ministre flamande de l'environnement, Joke Schauvliege, qui représentera l'Union à la grand-messe climatique de Cancun, un an après le sommet de Copenhague.

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