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Pédophilie

Pédophilie: l'Eglise belge n'exclut pas d'aller en justice

Belga

Mis en ligne le 26/06/2010

L'Eglise belge a annoncé samedi qu'elle n'excluait pas une action en justice après la perquisition de plusieurs de ses dépendances jeudi, lors d'une opération de police sur d'éventuels nouveaux cas de pédophilie alors que le Vatican a de nouveau vivement réagi. "Cela a été une séquestration, un fait grave et invraisemblable. Ils (les évêques) sont restés neuf heures sans boire ni manger", a dit le numéro 2 du Vatican, Tarcisio Bertone. "Il n'y a pas de précédent, même dans les vieux régimes communistes", a-t-il ajouté.

Le Vatican avait déjà protesté vendredi contre l'opération, se disant "indigné" face à la "violation des tombes" de deux archevêques. L'avocat de l'archidiocèse Bruxelles-Malines, Fernand Keuleneer, a indiqué à l'AFP que l'Eglise pourrait intenter une action en justice à la suite de l'opération et a exprimé "des doutes" sur sa légalité. "J'espère qu'ils n'ont pas lancé cette expédition au hasard sans véritables preuves parce que dans le cas contraire il n'y aurait pas de justification légitime à une telle perquisition", a-t-il dit. L'avocat a souligné que des équipes de télévision étaient arrivées une demi-heure avant les policiers et que l'on pouvait s'interroger sur la discrétion et la confidentialité requises. "Si nous arrivons à la conclusion que cela n'était ni légitime ni proportionnel, nous irons en justice; pour le moins je conseillerai à mon client d'aller en justice contre l'Etat belge", a-t-il souligné.

L'Eglise est outrée par les perquisitions dans la crypte de la cathédrale de Malines et des forages dans deux tombes archiépiscopales, a expliqué pour sa part le père Eric De Beukelaer, porte-parole de l'archidiocèse. "Pour le moment, en tant que simples citoyens, nous avons le droit de poser des questions. Mais qu'ils aient été regarder dans les tombes de cardinaux décédés, je pense que nous pouvons dire que cela nous a un peu surpris". Mandatés par le parquet de Bruxelles, les enquêteurs ont perquisitionné le palais épiscopal de Malines, au moment où s'y déroulait une réunion des évêques. Les policiers étaient à la recherche de documents, notamment de courriers entre des victimes présumées de prêtres pédophiles et les autorités catholiques, échangés dans le cadre d'un comité interne à l'Eglise belge, destiné à recueillir les confidences des victimes. "(L'action policière) met en danger le travail et la confidentialité du comité", a regretté M. De Beukelaer. Cette instance avait été mise en place en avril, après la démission de l'évêque Roger Vangheluwe qui avait admis avoir abusé d'un enfant pendant des années.

"Nous savons qu'il s'agit d'abus sexuels sur mineurs, c'est donc un problème important mais on ne sait pas qui est concerné ou de quoi il retourne, donc c'est encore trop vague pour que l'on décide ce que nous allons faire", a indiqué le porte-parole. L'archevêque André-Joseph Léonard, à la tête de l'Eglise catholique de Belgique, a regretté que "les fouilles et la détention des évêques aient donné l'impression qu'ils étaient suspects". "En quelques heures, l'image de l'Eglise belge a été ternie", a-t-il déploré. "Il semblerait que la police cherche le Da Vinci Code", avait-il déclaré auparavant. Selon le prêtre à la retraite Dirk Deville, des centaines de cas d'abus sexuels auraient été signalés à M. Daneels dans les années 1990, mais celui-ci a récemment déclaré qu'il n'avait jamais étouffé aucun scandale. La Belgique est l'un des pays les plus touchés par la série de scandales de pédophilie qui ébranle l'Eglise catholique, en Europe et en Amérique, depuis plusieurs mois.

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