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Région wallonne | Gouvernement

Ministres et fonctionnaires veulent collaborer

P.P.

Mis en ligne le 29/06/2010

Dire l’inverse étonnerait davantage ! Mais c’est écrit noir sur blanc désormais.

Spécialité assez belge, les rapports entre l’administration et les cabinets ministériels sont rarement un fleuve tranquille et transparent. La Wallonie n’échappe pas à la règle, dont on sait l’organigramme de la fonction publique fort teinté de couleur rouge. Ainsi se souvient-on de relations périodiquement difficiles sinon conflictuelles entre André Antoine (CDH) et son administration de l’Aménagement du territoire sous la législature rouge-orange, ou de celles entre Charles Michel (MR) et son administration de l’Intérieur sous la précédente.

C’est du passé, désormais ? Conformément à la déclaration de politique régionale (et ce sera le cas aussi à la Communauté française), le gouvernement wallon vient, en tout cas, discrètement, d’adopter "un protocole de collaboration" entre lui et l’administration régionale (le SPW).

Concerté avec celle-ci, le texte qui occupe 7 feuillets paraît être une première en Belgique. Il est singulier aussi à d’autres égards. Ainsi alterne-t-il grands principes au demeurant bienvenus (genre : "Le SPW met tout en œuvre pour assurer loyalement et avec diligence la bonne exécution des décisions du gouvernement" ) et modalités forcément prosaïques (type : "En règle générale, les demandes, décisions, informations adressées par le cabinet au SPW sont formulées par note verte dans le respect de la voie hiérarchique, via le Secrétaire général, le Directeur général ou l’Inspecteur général concerné. La note verte mentionne les références du dossier, la personne de contact au sein du cabinet et s’il échet des an nexes. En cas d’urgence [ ], la demande peut être adressée directement à son destinataire final" ). Ainsi, aussi, alterne-t-on contraintes opérationnelles (exemple : "Toute note adressée par le SPW à un cabinet qui appelle une réponse fait l’objet d’une réponse dans un délai d’un mois" ) et formules plus bateau (exemple : "Toute difficulté relative à l’exécution du protocole fait l’objet d’une concertation entre les responsables concernés")

Bref, il est question ici tour à tour de : 1° développer le dialogue et la concertation (réunions de concertation générales, transversales ou sectorielles; ordre du jour et note de suivi; personnes à inviter et modalités de convocations); 2° de bonne communication entre cabinets et SPW (dont, ça irait mieux en le disant, l’échange mutuel d’organigrammes et coordonnées du personnel en début de législature !); 3° de l’exécution des décisions par l’administration; 4° de la participation de celle-ci aux décisions; 5° de communication externe.

Dans l’opposition MR, on se demande ce qui peut justifier cette nécessité de formaliser à ce point. "Un manque de loyauté de l’administration, des ministres qui vont trop loin ?" , demande ainsi le député Gilles Mouyard. Mais non, c’est "une démarche qualité" , à croire le ministre-Président Rudy Demotte (PS) : "Elle ne naît pas de dysfonctionnements, mais, à l’inverse, de la volonté de codifier ce qui existe normalement."

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