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politique
Cruel bras de fer au MR
V.d.W.
Mis en ligne le 08/07/2010
Désormais, au MR, chacun a sa version, chacun a sa vérité. La désignation des sénateurs de communauté a, comme on pouvait s’y attendre, donné lieu à une guerre de communiqué, d’avis, de coups de téléphone, d’influences Ce climat, détestable, révèle l’impossibilité pour les responsables actuels, président et vice-présidents, de rétablir un dialogue franc et constructif au sein d’un parti qui apparaît bien déchiré.
Récit. Mercredi, à 12 heures 30, les membres du groupe MR de la Communauté française devaient donc désigner leurs trois sénateurs de Communauté. La veille, la chef de groupe, François Bertieaux, avait révélé les trois noms retenus (Christine Defraigne, Jacques Brotchi et Richard Miller), choisis, avait-elle précisé, après une large consultation de son groupe.
Mercredi midi, la réunion a été très très tendue. Plusieurs voix se sont élevées pour regretter le manque de démocratie interne au sein du groupe MR de la Communauté. C’est que la liste avec les trois noms avait déjà commencé à circuler la semaine dernière, avant même que le bureau du parti ne se penche sur cette question. Alain Destexhe, un des candidats sénateurs recalés, allant même jusqu’à affirmer que la chef du groupe MR à la Communauté, avait précisé, dans ses contacts téléphoniques, qu’il n’était plus intéressé par cette fonction et qu’il préférait rester au Parlement bruxellois. "Que les choses soient claires : je n’ai jamais dit cela à personne, s’insurge Françoise Bertieaux. "Je sais combien Alain Destexhe tenait à cette candidature."
Les députés, candidats à la fonction de sénateur communautaire, auraient également souhaité pouvoir venir exposer leur programme afin que le choix soit plus transparent : "L’organisation des auditions au niveau du groupe, cela n’a jamais été décidé. Je pense d’ailleurs que comparaître devant ses pairs pour se vendre, cela n’était pas non plus le meilleur moyen de dégager un consensus", justifie Françoise Bertieaux.
Reste ce sentiment, évoqué par plusieurs parlementaires du MR : les choses auraient, en fait, été bien préparées par la tendance "Renaissance" qui s’oppose à Didier Reynders depuis près d’un an maintenant. "Voyant que les choses ne se décantaient pas, certains avaient anticipé de manière à dégager une majorité. Il n’y a rien d’irrégulier dans tout ce qui a été fait. Toutes les procédures légales ont été respectées : le parti avait décidé de renvoyer la question au bureau élargi. Faute d’accord au bureau élargi, cela a été renvoyé au petit bureau. Faute d’accord là-bas, on m’a transmis la patate chaude. J’avais pris la précaution de voir où il y avait une majorité possible parce que je devais respecter le délai", explique Mme Bertieaux. Un sentiment que ne partagent pas certains parlementaires qui estiment que les choses se sont faites en dehors des statuts. Ainsi, les députés Caroline Persoons (FDF) et Jean-Luc Crucke ont-ils décidé de retirer leur confiance en leur chef, Françoise Bertieaux. Laquelle conclut : "J’entends ce mécontentement. Mon rôle a toujours été et restera de maintenir l’unité".
Tout ceci aura des conséquences sur le futur groupe au Sénat. Ainsi, il est pratiquement exclu qu’Armand De Decker, actuel président du Sénat, devienne chef du groupe MR car les "Renaissance" ou apparentés y sont désormais majoritaires. Oui, le vent a tourné au MR. On le verra encore lors de la désignation du sénateur coopté
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