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Religion
Pédophilie : des langues se délient
J. La.
Mis en ligne le 09/07/2010
Depuis l’ouverture de l’instruction judiciaire visant à déterminer si des dignitaires de l’Eglise se sont abstenus de réagir face à des faits de pédophilie commis par des religieux, d’anciennes plaies se rouvrent chez des victimes ou leurs proches. Des langues se délient. Des voix se font accusatrices et ne peuvent cacher leur révolte.
C’est le cas de Marie-José Dhem, une septuagénaire de Woluwe-saint-Pierre. Au début des années ‘80, son fils, entre l’âge de 12 et 14 ans, a été abusé sexuellement par un Salésien qui était surveillant dans son école. Aujourd’hui adulte, il en reste marqué et garde une grande fragilité. Après que son fils se fut confié à elle, Marie-José Dhem a pris contact avec la direction de l’école qui ne l’a pas cru. Et, à la fin de l’année, raconte-t-elle, ses deux fils ont été priés de quitter l’école sous prétexte qu’ils étaient des trublions et que personne ne se plaignait du surveillant. Elle a écrit au cardinal Danneels. Il lui a été répondu que l’archevêché n’était pas compétent et qu’il fallait s’adresser aux ordres salésiens. Elle n’y a pas été écoutée et, dit-elle, on lui a laissé entendre que son enfant était un fabulateur et que cela coûterait très cher d’aller en justice.
Marie-José Dhem ne s’est pas découragée. Elle a pris contact avec Rik Devillé, un prêtre dissident qui dénonçait les faits de pédophilie commis par des prêtres. En 2000, en compagnie d’une vingtaine d’autres victimes et de leurs proches, elle s’est rendue à l’archevêché. Ils ont été reçus par le cardinal Danneels. Chacun a pu s’exprimer une dizaine de minutes. Et la réponse de Mgr Danneels lui a fait mal. "Il a détourné la tête, répondant : "Que voulez-vous que je fasse. Je suis ici comme devant un tribunal. Qu’est-ce qui me dit que vous n’inventez pas ?"", relate-t-elle. Une réaction que ne peut confirmer le porte-parole de Mgr Danneels en raison de la saisie de toutes les archives du Palais épiscopal.
Elle s’est adressée à la Commission instituée par l’Eglise pour traiter les dossiers d’abus. Elle et son fils ont été confrontés à l’abuseur. Qui a été confondu. Et ils ont obtenu une réparation financière. Elle a encore écrit à Mgr Danneels qui a répondu en 2008. Une réponse insuffisante à ses yeux. "Un mot aurait suffi. ‘Je porte votre peine’. Cela n’est jamais venu", dit Mme Dhem. Elle reste révoltée car "l’Eglise ne peut dire qu’elle ignorait les abus".
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