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Di Rupo: "Nous vivons un moment clé de l'histoire de notre pays"
M.Bu. et V.d.W.
Mis en ligne le 09/07/2010
Pierre Vercauteren analyse la situation de B. De Wever au micro de Twizz
Au terme de trois semaines de mission d’information, Bart De Wever, le président des nationalistes flamands, a remis son rapport définitif entre les mains du Roi. Dans la foulée, le président du Parti socialiste, Elio Di Rupo, a été convié au Château de Laeken. Après 2heures30 d’entretien, Elio Di Rupo a été désigné pré-formateur par Albert II. Le bonheur est donc dans le pré...
"Pré-formateur", vous avez bien lu "C’est une belle preuve de créativité", s’amuse un observateur avisé des réjouissances politiques en cours. Concrètement, la mission d’information de Bart De Wever n’a pas permis de dégager suffisamment de points de convergence pour qu’un formateur en bonne et due forme entre en piste. Mais les points de convergence entre le Parti socialiste et les nationalistes flamands sont néanmoins assez importants pour qu’Elio Di Rupo accepte lui-même de tremper un pied dans l’eau... "C’est bien la preuve que la confiance est présente entre les deux hommes forts du PS et de la N-VA", souligne une source bien informée. Cette mission de pré-formation devrait être de courte durée et - si elle est couronnée d’un succès - déboucherait donc sur une formation gouvernementale "classique".
Dans le rapport qu’il a remis au chef de l’Etat, Bart De Wever n’a pas proposé le nom de partenaires pour former un gouvernement autour de la charnière PS/N-VA. Hors de question pour lui de mentionner des "coalitions miroirs" (CD&V, N-VA, sp.a ou PS, CDH, Ecolo) puisqu’il est un fervent partisan de la montée des libéraux francophones et flamands dans l’exécutif. Seule certitude tout de même : N-VA et CD&V iront ensemble au gouvernement C’est désormais au "pré-formateur" Di Rupo d’effectuer les démarches vers les formations politiques et tester les quelques avancées réalisées par l’informateur sur une série de points. On sait que certains socialistes préfèreraient dupliquer l’Olivier wallon et bruxellois : ce qui n’est pas le choix de Bart De Wever
Mais la décision du PS n’est pas encore arrêtée : Ecolo traîne un peu les pieds. Et on ne sait toujours pas très bien s’il accepterait d’y aller sans Groen ! Les messages envoyés ces derniers jours par les verts francophones sont jugés contradictoires. Reste évidemment le MR : mais vu l’état de déliquescence actuelle du parti de Didier Reynders, cela pose quand même problème. Même à supposer que le président s’engage, on ne sait pas très bien si une participation acceptée par Didier Reynders et les négociateurs MR serait approuvée par son bureau élargi - instance appelée à se prononcer sur la participation. Ni même par un Congrès.
La tâche du patron du PS s’annonce particulièrement difficile sur deux volets : le budgétaire et l’institutionnel. "Il reste des points extrêmement difficiles à trancher", a d’ailleurs martelé Bart De Wever jeudi soir alors qu’il terminait de lire sa déclaration au Parlement. Côté PS, on dit : "la route est encore très très longue, et les écarts enter les partis sont toujours extrêmement importants."
Clairement, le gros morceau sera le volet communautaire. La tâche à accomplir est gigantesque : le PS et la N-VA ont réalisé des avancées et des concessions ont été faites sur une série de points précis, mais des nœuds capitaux comme la scisison de Bruxelles-Hal-Vilvorde restent à trancher. En outre, Elio Di Rupo va devoir faire "passer" ces concessions auprès de ses futurs partenaires francophones. Entendez : le CDH de Joëlle Milquet. Rappel, les humanistes ont fait campagne avec la devise belge "l’Union fait la force" en guise de slogan et, côté flamand, on est modérément optimiste sur l’assouplissement à venir de "Madame Non" (Joëlle Milquet) Même le FDF d’Olivier Maingain semble moins effrayer la N-VA que le CDH! Et il est clair que Joëlle Milquet ne pourra pas amorcer un tournant qu’on annonce de (très) grande ampleur (très) rapidement.
Sur le volet budgétaire, les tractations entre le PS et la N-VA sont également très difficiles mais ici, contrairement au volet communautaire, l’optimisme domine quant aux chances de parvenir à une solution. Tout le monde est à présent conscient qu’il faut réaliser des économies, assure-t-on tant du côté de la N-VA que du Parti socialiste. Paradoxalement, fait-on remarquer, la situation budgétaire est tellement difficile que l’on sent que l’on va y arriver.
Voilà donc Elio Di Rupo aux manettes de cette pré-formation gouvernementale et chargé de poursuivre le travail autour de cette ossature PS/N-VA. Mais pourquoi ne pas avoir désigner - comme au temps de l’Orange bleue en 2007 - de personnalité intermédiaire qui aurait ouvert la voie à Di Rupo ? Simple : tant Elio Di Rupo que Bart De Wever sont obsédés par le fait de ne pas tomber dans les mêmes pièges que ceux où avaient sombré Yves Leterme, Didier Reynders and co. Rappel : Jean-Luc Dehaene avait servi de "médiateur" entre l’informateur Reynders et le formateur Leterme en juillet 2007. Désigner une tierce personne, fait-on remarquer chez les partenaires impliqués aujourd’hui dans la négociation, ne ferait qu’accentuer ou amener l’idée qu’il y a une crise politique. Or, bien sûr, aujourd’hui, tout va très bien, Madame la Marquise..
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