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Emploi
Moduler la déductibilité en fonction des revenus et limiter le nombre de titres par ménage
Laurent Gérard
Mis en ligne le 11/08/2010
Eric Neuprez est secrétaire fédéral de la FGTB-Titres Services.
Pensez-vous que l’on va modifier certains paramètres des titres-services (prix, déductibilité…) ? Dans quel sens ?
Il ne faut en tout cas pas aller vers une extension de la liste de métiers que l’on peut pratiquer dans le cadre des titres-services (gardes d’enfants, tonte de pelouse ). Par contre, on peut agir sur la fiscalité, la rendre modulable. Aujourd’hui, que l’on ait des gros ou des petits revenus, le retour pour le contribuable est le même. Deuxième point à modifier, le nombre de titres-services dont peut disposer un ménage. A l’heure actuelle, chaque personne physique a droit à plus de 500 titres-services par an. Donc, avec ma femme et ma fille, j’ai droit à 1 500 titres par an. Il s’agit là d’une utilisation de main-d’œuvre plus que bon marché et qui n’est pas correcte. Au lieu de se baser sur les personnes physiques, il faudrait tenir compte de l’adresse de l’habitation. Troisièmement, il faudrait peut-être limiter le nombre d’entreprises dans ce secteur et rendre plus strictes les conditions d’agrément. Aujourd’hui, n’importe qui peut créer sa société de titres-services. Enfin, pérenniser le système signifie aussi qu’il ne suffit pas de créer de l’emploi, mais que cet emploi doit être de qualité. Or, on constate aujourd’hui que des entreprises qui ont vu là un filon intéressant, surtout les agences d’intérim, sont celles qui respectent le moins les règles, notamment en matière d’encadrement ou de formation du personnel. Le gouvernement devrait être vigilant sur ce point. N’oublions pas que 75 % du système est payé par le gouvernement fédéral .
Justement, le nombre d’emplois créés justifie-t-il ce prix payé ?
C’est une question dérangeante. Il y a quand même un retour financier pour le gouvernement (moins de chômage, davantage de cotisations).
Mais cela reste cher. Est-ce justifié ?
Oui. Le problème, c’est qu’on a lancé un système sans savoir où on allait. Il faut maintenant le pérenniser, sans tuer le poussin dans l’œuf. Si le gouvernement retire ses billes, le système meurt. Une proposition qui a été faite est de laisser aux entreprises la liberté de fixer le prix demandé aux clients. Mais si vous faites ça, vous tuez aussi le système, qui a eu du succès parce qu’il y avait des règles précises. Les entreprises, principalement commerciales, font encore de bons bénéfices sur lesquels il n’y a aucun contrôle. Est-ce logique ? Il s’agit tout de même d’argent public qui finit dans la poche des actionnaires. L’objectif n’était pas de créer des bénéfices, mais bien de permettre à des gens déconnectés du monde du travail de se réinsérer, grâce à un emploi de qualité.
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