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Enseignement
Simonet lanterne-t-elle ?
Stéphanie Bocart
Mis en ligne le 20/08/2010
Dans une dizaine de jours, ils seront des milliers d’élèves à retrouver les bancs de l’école. Comme chaque année, le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec) organise son université d’été. La sixième du genre a lieu ce vendredi (1). Le thème ? "Comment faire une bonne école ?" Etienne Michel, directeur général du Segec, analyse pour "La Libre" les questions qui marqueront l’actualité en matière d’enseignement.
1La mise en œuvre du décret relatif à l’encadrement différencié. Précédemment prévalait le régime des discriminations positives, à savoir qu’un petit nombre d’écoles, les plus défavorisées au sens des indices socio-économiques, bénéficiaient d’un supplément d’encadrement. Dès ce 1er septembre, sera appliqué un nouveau régime, celui de l’encadrement différencié, "qui se solde principalement par l’extension du nombre d’écoles qui bénéficient d’un supplément d’encadrement", précise Etienne Michel. Soit 192 écoles dans le fondamental et 48 dans le secondaire. Quant aux suppléments d’encadrement, ils oscillent entre 2 et 17 %, selon la classe d’indices socio-économiques à laquelle l’école appartient. Concrètement, "pour une école fondamentale moyenne (220 élèves), les suppléments vont d’un mi-temps à deux équivalents temps plein (ETP), tandis que pour une école secondaire moyenne (660 élèves), les suppléments varient d’un ETP à six ETP", détaille le directeur général.
Si le Segec se félicite de cet apport, il s’inquiète toutefois qu’"un nombre significatif d’écoles se retrouveront en septembre avec moins de moyens que l’année précédente". Ainsi, il y aura un glissement important au profit de Bruxelles et de Liège, mais au détriment du Hainaut. De fait, "pour la province de Hainaut, 80 écoles sur 224 ont quitté la liste de l’encadrement différencié", indique M. Michel. Ce qui signifie pour elles moins de moyens d’encadrement, mais aussi de subventions de fonctionnement.
2Le décret inscriptions. "Le plus positif avec ce décret, c’est que les procédures d’inscription ont été beaucoup moins chaotiques que les deux années précédentes", estime le directeur général du Segec. Cependant, "une série d’enfants sont toujours sans école et se sentent victimes d’une injustice : leurs amis accèdent à une école de leur choix et pas eux". Pour Etienne Michel, "avec ces différents décrets, on assiste à une sorte de déplacement du sentiment d’injustice : hier, le "système scolaire" était d’une certaine façon dénoncé comme injuste, mais aujourd’hui, c’est le politique qui se voit reprocher ses interventions dans la gestion des inscriptions".
Autre "effet" du décret : à l’échelle de la Communauté française, il y a trois à quatre fois plus d’écoles complètes qu’en octobre 2009, constate le Segec. "Dans l’enseignement catholique, 30 % des écoles sont saturées", souligne M. Michel. "Ce mouvement suggère qu’on assiste à un déplacement assez significatif de la population scolaire vers les écoles les plus demandées, et, partant, on assiste à des difficultés de recrutement dans les écoles les moins demandées, avec une concentration de moins d’élèves en plus grande difficulté scolaire", explique-t-il. Et d’avertir : "Le fait qu’il y ait plus de mixité sociale dans les écoles les plus demandées ne signifie pas qu’il y aura moins de dualisation dans le système scolaire."
3Le boom démographique à Bruxelles. D’ici 2020, la population bruxelloise aura gonflé de plus de 170 000 habitants. La région bruxelloise va donc au-devant de lourds défis à relever, notamment en termes de construction de crèches et d’écoles. "Il y a urgence que le gouvernement se saisisse de ce dossier", juge Etienne Michel. "Nous pensons qu’il faudrait que le gouvernement définisse sa politique par rapport à la construction de bâtiments scolaires et puis, qu’une concertation soit menée avec les pouvoirs organisateurs."
4En conclusion. Un an après la mise en place du gouvernement de la Communauté française, le Segec qualifie l’action de la ministre Simonet (CDH) de "‘service après-vente’ des décisions et engagements du précédent exécutif". "Ce n’est pas anormal que la première année de législature soit une année où la ministre fonctionnelle assure la continuité avec le gouvernement précédent, mais après un an, on attend que la ministre trouve son souffle propre et concrétise les engagements pris", estime Etienne Michel. Parmi ceux-ci : le décret relatif à la négociation tripartite (PO, gouvernement et syndicats) des accords sectoriels, "un dossier qui ne bouge pas". M. Michel confie : "Ce qui est interpellant, c’est que les différentes fédérations de PO de l’enseignement subventionné ont écrit à la ministre en juin dernier et qu’on n’a toujours pas reçu de réponse, ni même d’accusé de réception." Et le Segec de mettre en garde : "L’absence de progrès dans ce dossier finit par mettre à mal la crédibilité de la ministre et du parti qu’elle représente "
(1) La sixième université d’été de l’enseignement catholique s’intéressera aux éléments internes aux écoles et aux classes qui permettent de "faire une bonne école". Elle se tient ce vendredi 20 août à Louvain-la-Neuve de 9 h à 16h30. Rens. sur http://enseignement.catholique.be.
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