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Rentrée

Simonet: "Le décret a fonctionné"

Vincent Rocour

Mis en ligne le 01/09/2010

Marie-Dominique Simonet estime que le décret inscription ne nécessite plus que des aménagements. Et s’attend à une année pas simple sur le plan du budget.

Rituel du 1er septembre : les élèves du primaire et une partie de ceux du secondaire retrouvent le chemin de l’école. Avec leurs doutes, leurs espoirs, leurs attentes. Marie-Dominique Simonet (CDH) fera aussi sa rentrée. Ce mercredi, la ministre francophone de l’Enseignement se rendra, en compagnie de la princesse Mathilde, dans un établissement spécialisé à Etterbeek. L’occasion de mettre l’accent sur un enseignement plutôt méconnu qui fête pourtant son quarantième anniversaire. Entretien.

Depuis trois ans, le décret inscription monopolise toutes les attentions. La dernière mouture a-t-elle donné satisfaction ou faudra-t-il à nouveau le revoir ?

Le décret a fait ses preuves. Il a été validé juridiquement à six reprises durant l’été - par le Conseil d’Etat, par la Cour constitutionnelle. Dans les grands principes et le fonctionnement, le décret a fonctionné. Mais dans les rouages fins du système, il peut y avoir encore l’une ou l’autre amélioration.

Dans la prépondérance des critères ?

Non. Mais je ne veux pas trop en dire. Il y a toujours des litiges en cours. Il est d’ailleurs prévu que le décret soit évalué. Et il le sera.

Des élèves qui avaient suivi un enseignement en immersion durant le primaire se sont plaints de ne pas avoir pu trouver une place en immersion dans le secondaire…

Je connais ce problème. Mais il n’est pas dû au décret inscription. Il tient au fait qu’il y a davantage d’écoles fondamentales qui font de l’immersion que d’écoles secondaires. Un effet d’entonnoir s’est créé. On ne peut quand même pas donner tous les vices au décret inscription. Le but de ce décret, ce n’est pas d’embêter les gens. Dans les écoles où il n’y a pas de problèmes, les gens n’ont rien vu. Le décret n’agit que là où il y a des tensions, là où le nombre de demandes d’inscriptions dépasse l’offre.

Certains avancent que le nombre d’écoles confrontées à un problème est plus important qu’avant le décret. C’est gênant.

A Bruxelles, il y a sûrement un effet démographique, qui joue surtout dans le fondamental, mais qui commence à marquer le secondaire. Pour le reste, on ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Certains me disaient : avant de vouloir réguler les inscriptions, il faudrait augmenter le nombre d’écoles très prisées, bénéficiant d’une représentation collective positive. Et voilà qu’il y en a davantage - car s’il y a plus d’écoles saturées, c’est qu’il y a plus de "bonnes" écoles. Et certains se plaignent. Quand il y avait 20 écoles saturées, on disait que c’était beaucoup trop peu. Maintenant qu’il y en a 60 ou 70, on dit que c’est trop.

Il y a un manque d’écoles à Bruxelles et dans le Brabant wallon. On va avoir de nouvelles constructions ?

C’est mon collègue Jean-Marc Nollet qui a ce dossier en charge. Les données démographiques ont été récoltées par les échevins des différentes communes bruxelloises. Elles sont à la disposition de mon collègue. Le gouvernement de la Communauté française a déjà décidé d’ouvrir deux écoles à Bruxelles et une dans le Brabant wallon. On étudie les meilleurs emplacements.

Ne serait-il quand même pas possible de trouver une formule permettant d’éviter qu’il y ait comme aujourd’hui 194 élèves ne sachant toujours pas le 31 août dans quel établissement secondaire ils iront ?

Pas si on veut préserver la liberté des parents, c’est-à-dire la liberté de pouvoir solliciter une inscription dans l’école de son choix (et que l’on ne doit pas confondre avec le droit d’avoir une place coûte que coûte dans l’école de son choix). Je pourrais inscrire tous les enfants dans une école : il y a globalement assez de places. Mais ce ne serait plus la liberté. C’est un système qui existe dans d’autres pays. Mais je ne crois pas que c’est un système que demandent les parents. Le problème, ce n’est pas le décret qui l’a créé. Le problème, c’est qu’il y a plus de personnes qui veulent aller dans certaines écoles.

Pensez-vous qu’il y aura finalement plus de mixité sociale dans les écoles ?

On va pouvoir analyser les chiffres. Mais le but n’est pas de forcer une mixité. Dans le Brabant wallon, il y a peu d’écoles socio-écomiquement défavorisées. On ne va pas y faire venir des bus de Charleroi ou de Liège. Le décret vise avant tout à garantir la liberté d’inscription des parents. Mais cette liberté est limitée par la liberté des autres parents. Et par un principe de réalité. Là où il y a 70 places et 200 demandes, on ne va pas faire de miracle.

A propos de mixité sociale. Vous avez introduit un encadrement différencié en faveur des écoles défavorisées. Ce système remplace les discriminations positives. Le Secrétariat général de l’enseignement catholique constate que des écoles du Hainaut vont se retrouver avec moins de moyens, au profit d’écoles bruxelloises et liégeoises…

L’année dernière, ce décret a libéré 15 millions d’argent frais pour les écoles défavorisées. Cette année, on rajoute 10 millions. Désormais, 20 % de la population scolaire sera concernée. Moi, je ne connais pas les données avancées par le Segec. Elles sont peut-être vraies. Mais les choses ne sont pas immuables. En 30 ans, l’indice socio-économique d’un quartier change. Heureusement d’ailleurs. Peut-être que la prochaine fois, il y aura à nouveau plus d’écoles dans le Hainaut qui bénéficieront du mécanisme. Il est assez logique de porter l’effort là où les besoins sont les plus criants.

Cette année, vous allez devoir négocier un nouvel accord sectoriel 2011-2012 avec les enseignants. Ce ne sera pas simple. La situation budgétaire est catastrophique…

Ce ne sera pas simple. L’année dernière, rien qu’à cause de la crise, nous avons perdu 1,2 milliard sur les 15 milliards octroyés par le fédéral aux entités francophones. Nous avons pourtant maintenu les 15 millions pour l’encadrement différencié et la revalorisation de 1 % des salaires. Mais il n’y a pas que le salaire. Il y a aussi le qualitatif. On doit pouvoir stabiliser les carrières. Notamment en nommant les gens plus rapidement. Pour cela, il faudra réformer les titres et les fonctions. Il y en a 900 aujourd’hui. Cela complique tout.

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