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Presse

Condamnés à être ensemble

Mis en ligne le 04/09/2010

Commentaire Guy Tegenbos De Standaard

La reine Beatrix des Pays-Bas et Albert II, roi des Belges, peuvent se consoler l’un l’autre ce week-end. Tous deux se retrouvent après une (pré-)formation de gouvernement devant une situation politique des plus délicates. A qui ou à quoi doivent-ils penser pour sortir de l’impasse ? Mais ils ne doivent pas non plus s’immiscer trop loin. Ils ne doivent pas résoudre les problèmes. Ils doivent juste ouvrir la voie. Ce ne sont pas les têtes couronnées qui doivent régler les difficultés mais les non couronnées.

Cela faisait plusieurs jours déjà qu’on le lisait sur le visage d’Elio Di Rupo. Il avait l’air fatigué. Epuisé. Déçu. Cassé. Le couperet est tombé hier. Il jette l’éponge. Il n’a pas réussi à conclure un préaccord sur la réforme de l’Etat entre les sept partis francophones et néerlandophones. C’était la condition sine qua non pour former un gouvernement d’urgence.

Il a échoué. Mais à tout seigneur tout honneur: Elio Di Rupo était allé loin. Il est le premier politicien francophone qui ait jamais réussi à formuler des propositions d’aménagements des structures de l’Etat que les Flamands pouvaient avaliser, et il est même parvenu à obtenir l’approbation des partis francophones jusqu’à un certain point.

Tant qu’il s’agissait d’une réforme de l’Etat dans les grandes lignes, tout se passait relativement facilement. Mais lorsqu’il fallu aller plus en détails, cela devint plus difficile. Aussi, lorsque les partis francophones durent réécrire la joyeuse symphonie qu’ils avaient composée pour Bruxelles - leur symbole - en clé de fa sous le signe de la responsabilisation financière, ils ont claqué la porte. Exit Elio Di Rupo.

Avec lui, c’est aussi Bart De Wever qui échoue. Il a amené la délégation flamande vers des priorités qu’il a partiellement pu engranger et des concessions pour lesquelles il a dû batailler. Il a su convaincre Di Rupo de l’accompagner. Mais n’a pas réussi finalement à lui faire franchir le pas de la responsabilisation.

Et maintenant? Le Roi a la démission de Di Rupo dans les mains et a déjà commencé ses consultations. Que peut-il faire? Appeler un dépanneur? Ou un pré-préformateur? Ou bien envoyer Bart De Wever directement au front, comme les partis francophones le demandent? Et pour quoi faire? Tester une autre coalition avec les libéraux?

Ou convoquer de nouvelles élections, dans l’espoir que l’électeur changera le rapport de force?

Rien de tout cela n’apportera de solution. La vérité est que le PS est et restera le parti dominant du côté francophone comme la N-VA l’est du côté néerlandophone. Dès lors, une coalition sans ces deux-là est purement impossible, peu importe la taille qu’ils auront dans leur région. Ce sont eux les rois sans couronne qui doivent trouver une solution pour les deux parties du pays. Ils sont incontournables. Et condamnés à être ensemble.

Ils doivent résoudre cette crise. Et ils doivent le faire vite. Sinon ils perdront leur légitimité et les citoyens leur prospérité.

(Traduction Samuel Hoste)

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