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Crise

Les libéraux isolent le FDF

M.Bu. et V.d.W.

Mis en ligne le 07/09/2010

Le MR a refait son unité en marginalisant Olivier Maingain. Et veut négocier avec la N-VA de De Wever. La paire Pieters/Flahaut entame ses manœuvres.

L’amarante n’a plus la cote. Une actualité, discrète mais significative, s’est déroulée ce lundi au bureau politique du Mouvement réformateur. Avec des accents "gaulliens" dans la voix, dans une forme que d’aucuns ont jugé théâtrale, avec emphase, Olivier Maingain, le président du FDF, a estimé que les francophones devaient plus que jamais défendre la Région bruxelloise et son élargissement. "A l’entendre, soupire un libéral, il faudrait qu’on étende la Région bruxelloise jusqu’à Ostende "

Cette tirade d’Olivier Maingain a été suivie de commentaires assez acerbes de Daniel Bacquelaine et d’Armand De Decker. Mais c’est bel et bien Louis Michel qui a le plus nettement et le plus sèchement réduit Olivier Maingain au silence en se lançant dans une longue démonstration sur la nécessité, pour les libéraux, de rester branchés dans la réalité actuelle et de ne pas apparaître comme "des Martiens". Au fur et à mesure de cette discussion, rapportent plusieurs participants, une nouvelle ligne de fracture est apparue. Ou plutôt : une nouvelle unité. Ainsi le groupe Renaissance a-t-il appuyé la stratégie de Didier Reynders. Le MCC de Gérard Deprez s’est également rangé aux côtés du président du MR - laissant le FDF assez isolé...

Mais quelle est donc la stratégie de Didier Reynders ? Le président du MR a précisé qu’à son estime, il était possible de mener une autre négociation institutionnelle avec Bart De Wever. Tout en s’assurant au préalable de sa sincérité, de sa volonté de maintenir un Etat fédéral fort, il est possible, selon Didier Reynders, de définir de manière limitative les compétences qui demeurent celles de l’Etat fédéral et de décider ensuite que toutes les autres appartiennent aux Régions et aux Communautés. Une manière de mettre en œuvre le fameux article 35 de la Constitution. Pour le MR, il ne s’agit pas de rompre la solidarité interpesonnelle ni de toucher au caractère fédéral de la sécurité sociale, mais bien de parvenir à un nouvel équilibre, dans un Etat largement fédéralisé en partant des entités fédérées plutôt qu’en utilisant la "vieille" méthode de négociation qui est celle d’Elio Di Rupo...

Didier Reynders a aussi précisé, devant son bureau élargi, qu’il avait eu des contacts avec tous les partis flamands, à l’exception de Groen ! En revanche, les libéraux francophones n’ont eu aucun contact avec les partis francophones...

Pour le reste, la paire de médiateurs royaux Flahaut/Pieters (à noter que ce dernier a été accusé d’avoir exercé un chantage sur la sénatrice exclue de la N-VA Kim Geybels ) entame ses manœuvres ce mardi. Le duo va recevoir les 7 présidents de parti pour tenter de rapprocher les vues principalement du PS et de la N-VA. Danny Pieters et André Flahaut n’ont pas de mandat pour entrer en contact avec les responsables du MR et de l’Open VLD. L’objectif final est d’arriver à ce qu’Elio Di Rupo soit nommé formateur. Sinon ? On passera à un autre scénario...

A la N-VA, on ricane des prises de position radicales des socialistes. "Ah, bon, s’est même étonné Bart De Wever lundi matin, le PS veut scinder le pays ? Mais ces gens ne veulent même pas scinder la sécurité sociale..." La N-VA reste apparemment convaincue qu’un accord avec le PS reste possible. "Nous n’étions pas si loin d’un grand accord", a assuré M. Bourgeois. Voilà pour la version officielle. Mais en coulisses, les nationalistes-flamands entendent plus que jamais élargir la discussion à la famille libérale. Dès lors, la N-VA n’a pas le moins du monde l’intention d’infléchir ses positions. Dans les rangs des nationalistes flamands, on sait pertinemment bien que le CD&V ne peut que suivre les prises de position "radicales". En outre, les libéraux flamands d’Alexander De Croo se rangent sur la même ligne... Mais si la volonté de Bart De Wever est vraiment de ramener les libéraux autour de la table, alors, avertit-on au PS, il faudra tout reprendre à zéro...

On notera, au rang des anecdotes, que le député français (ex-UMP) et président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a estimé lundi que "la France devait se préparer à accueillir ses compatriotes Wallons et Bruxellois"...

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