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pédophilie
Les témoignages des victimes
Mis en ligne le 11/09/2010
"Des années de thérapies ont été nécessaires pour assumer le quotidien."
"J’ai connu le drame du viol à l’âge de 17 ans par un prêtre alors que je l’interrogeais sur la vie religieuse. C’était en 1973. Honte profonde pour le Christ, car après le viol j’ai vu cet homme célébrer la messe. La perte de repères fut totale. Violent traumatisme physique, psychique, moral et spirituel. Un long chemin d’humiliations, de perte de repères, de douleur s’est ouvert devant moi. Des années de thérapies ont été nécessaires pour assumer le quotidien."
"D’enfant violé, je suis devenu moi-même, bien des années plus tard, abuseur d’adolescents."
"D’enfant violé, je suis devenu moi-même, bien des années plus tard, abuseur d’adolescents et j’ai été condamné, en 1994, à 8 ans de prison ferme (dont j’ai fait effectivement 4 ans et demi) pour attentat à la pudeur et incitation à la débauche avec la circonstance aggravante d’autorité sur les mineurs. Lors de ma thérapie, il s’est avéré utile, voire indispensable d’obtenir le pardon de cet abbé A. Ne sachant si l’abbé était encore en vie ni où il résidait, j’ai alors écrit à l’évêché de xxx en l’informant de l’utilité de ma démarche. A cette époque, il m’a été répondu très prudemment qu’après consultation de leur conseil, il transmettrait ma requête à l’intéressé qui la traiterait comme il l’entendrait. J’ai alors obtenu une lettre de celui-ci me demandant de lui pardonner ce qu’il pensait ne pas m’avoir autant marqué. Ce n’est qu’en cherchant moi-même que j’ai pu apprendre son lieu de résidence qui ne m’avait jamais été communiqué. Je lui adressai alors mon pardon sincère, d’autant que j’avais à me faire pardonner moi-même. Les viols de l’abbé ont certainement fortement orienté mon identité sexuelle et influencé mes choix de vie. Durant ma petite enfance, fils de famille très catholique, j’ai cru avoir la vocation sacerdotale. Enfant de chœur pieux, croisé eucharistique, acolyte assidu, les gestes de cet abbé m’ont fortement perturbé, bien que je n’aie pas très bien eu conscience de ce qui se passait, surtout étonné de ce qu’il m’avait simplement dit de ne point se confesser à lui. J’avouai simplement donc en confession auprès d’un autre vicaire avoir fait de "sales choses" sans jamais préciser celui qui m’y entrainait. De peur d’avoir une réaction négative de mes parents, je ne leur ai jamais, à l’époque, avoué les faits et gestes dont j’étais victime et dont je me sentais pourtant coupable. De plus, les bienfaits et privilèges que m’accordait l’abbé (aller avec lui sur sa moto, pouvoir visionner des petits films comiques chez lui, avoir accès quand je voulais à sa bibliothèques de BD, etc.) valaient bien, à mes yeux, que je me laisse faire d’autant que ses caresses me procuraient un certain plaisir, excepté le mal que je devais souffrir au moment de la pénétration profonde de son doigt. Il me semble d’ailleurs avoir été attristé lorsqu’il a cessé ses pratiques pédophiles, qu’il a dû exercer sur d’autres puisque j’ai appris plus tard qu’il avait été condamné en justice pour les mêmes faits. Sans doute inconsciemment, j’ai renoncé à la vocation sacerdotale, par peur de répéter ce que j’avais subi."
"Le "zim-boum-pan-pan" : il s’?agissait d?’une punition dont il ne fallait pas parler."
"Je devais aller à la messe les lundis, mercredis, vendredis et samedis, à 18h30 et 19h les samedis. Chacun à notre tour, on devait sonner la messe après être passé par "zim-boum-pan-pan", le passage obligé pour réparer les fautes de la journée. Le "zim-boum-pan-pan" : il s’agissait d’une punition dont il ne fallait pas parler; c’était entre Jésus et nous, il me faisait attendre ainsi que d’autres enfants de mon âge dans son couloir glacial, il nous plaçait sur les chaises suivant ses désirs [ ] La période pendant laquelle il était excessif, c’était la période de Pâques. Je n’ai jamais aimé avril, sans doute vous en moquez-vous ! Alors que cela devait être une fête pour tous. Ensuite il me faisait entrer, me mettre à genoux sur une planche en bois, lui en face également à genoux, à 5cm de sa bouche répugnante [ ] Ce rituel m’empêche depuis d’embrasser [ ] Les "grands" nous avaient prévenus : mettez des orties et des copeaux de bois dans vos culottes avant d’y aller mais sans en dire plus, ils avaient encore peur; ils avaient 12 ans et moi 6 ans."
"Le professeur de religion avait souligné que quelques cours particuliers de religion me seraient bénéfiques "
[ ] "Quelques années plus tard, j’avais alors 14 ans, mon professeur de langues modernes et de religion en quatrième latine dans un collège, l’abbé B., a lui fait aussi une tentative de séduction à mon encontre. J’étais bon élève et avais été malade pendant plus de deux semaines. Mes parents avaient contacté l’école pour savoir si j’avais besoin de cours particuliers de rattrapage. Seul le professeur de religion avait souligné que quelques cours particuliers de religion me seraient bénéfiques parce que je présentais certaines faiblesses. Pour les langues, tout allait bien, j’étais parmi les meilleurs de la classe. Dans sa bonté, il assura mes parents qu’il ne chargerait rien, c’était un service gratuit. Mes parents, qui se serraient la ceinture pour nous payer des études convenables, remercièrent le Seigneur d’avoir choisi un si bon collège ! Au premier cours particulier, l’abbé B. me reçut dans sa chambre au collège [ ]. A l’époque, c’était normal d’aller visiter un prêtre dans le bureau attenant à sa chambre. On y était même incité, pour aller confier un souci ou un problème, par exemple. L’abbé B. était assis à son vaste bureau et me fit quelques moments cours en vis-à-vis. Puis, il vint vérifier mes notes [ ] et pour ce faire s’assit à côté de moi, et lut mon cahier armé d’un crayon rouge tout en entourant mes épaules de son bras. Il me dit que c’était bien, puis tout à coup me demanda si je fumais. J’avais 14 ans et avais déjà fumé quelques cigarettes en cachette. Je répondis en hésitant que oui parfois. [ ] Nous fumâmes ensemble, c’étaient des Rothmans bleues je crois, un peu âcres et doucereuses à la fois. Comme je toussais, il me dit qu’il allait me donner un remontant. Et alla chercher une bouteille d’alcool, je ne sais pas lequel. Il me servit et se mit très vite à me caresser le genou droit. Après plus de quarante ans, je sens encore la pression de cette main qui se mit à remonter le long de ma cuisse en pressant mes muscles de plus en plus furieusement. Là, j’ai un trou noir. Je ne suis jamais parvenu à me rappeler comment je suis rentré chez moi. J’ai tremblé toute la nuit, j’avais la fièvre et des sueurs froides. J’ai dit à mes parents que je m’étais senti mal à l’école et que je n’avais pas pu rester longtemps au cours particulier de l’abbé B. Aujourd’hui, je trouve curieux que je me souvienne de la marque des cigarettes de l’abbé et que le reste de l’épisode soit tout à fait occulté. Je suppose que mes parents ont dû écrire au collège pour demander à l’abbé de bien vouloir excuser mon malaise "
"Le professeur de religion avait souligné que quelques cours particuliers de religion me seraient bénéfiques "
[ ] "Quelques années plus tard, j’avais alors 14 ans, mon professeur de langues modernes et de religion en quatrième latine dans un collège, l’abbé B., a lui fait aussi une tentative de séduction à mon encontre. J’étais bon élève et avais été malade pendant plus de deux semaines. Mes parents avaient contacté l’école pour savoir si j’avais besoin de cours particuliers de rattrapage. Seul le professeur de religion avait souligné que quelques cours particuliers de religion me seraient bénéfiques parce que je présentais certaines faiblesses. Pour les langues, tout allait bien, j’étais parmi les meilleurs de la classe. Dans sa bonté, il assura mes parents qu’il ne chargerait rien, c’était un service gratuit. Mes parents, qui se serraient la ceinture pour nous payer des études convenables, remercièrent le Seigneur d’avoir choisi un si bon collège ! Au premier cours particulier, l’abbé B. me reçut dans sa chambre au collège [ ]. A l’époque, c’était normal d’aller visiter un prêtre dans le bureau attenant à sa chambre. On y était même incité, pour aller confier un souci ou un problème, par exemple. L’abbé B. était assis à son vaste bureau et me fit quelques moments cours en vis-à-vis. Puis, il vint vérifier mes notes [ ] et pour ce faire s’assit à côté de moi, et lut mon cahier armé d’un crayon rouge tout en entourant mes épaules de son bras. Il me dit que c’était bien, puis tout à coup me demanda si je fumais. J’avais 14 ans et avais déjà fumé quelques cigarettes en cachette. Je répondis en hésitant que oui parfois. [ ] Nous fumâmes ensemble, c’étaient des Rothmans bleues je crois, un peu âcres et doucereuses à la fois. Comme je toussais, il me dit qu’il allait me donner un remontant. Et alla chercher une bouteille d’alcool, je ne sais pas lequel. Il me servit et se mit très vite à me caresser le genou droit. Après plus de quarante ans, je sens encore la pression de cette main qui se mit à remonter le long de ma cuisse en pressant mes muscles de plus en plus furieusement. Là, j’ai un trou noir. Je ne suis jamais parvenu à me rappeler comment je suis rentré chez moi. J’ai tremblé toute la nuit, j’avais la fièvre et des sueurs froides. J’ai dit à mes parents que je m’étais senti mal à l’école et que je n’avais pas pu rester longtemps au cours particulier de l’abbé B. Aujourd’hui, je trouve curieux que je me souvienne de la marque des cigarettes de l’abbé et que le reste de l’épisode soit tout à fait occulté. Je suppose que mes parents ont dû écrire au collège pour demander à l’abbé de bien vouloir excuser mon malaise "
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