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Le chômage "dur" wallon serait enfin entamé

P.P.

Mis en ligne le 02/12/2010

Les moins qualifiés et les longues durées dégonflent les chiffres des demandeurs.

Des chiffres d’automne déjà hivernal ne font pas à eux seuls le printemps, mais méritent d’être épinglés. Le Forem s’apprête à annoncer une nouvelle baisse du chômage en Wallonie, à la fin novembre. Avec 194 164 demandeurs d’allocations et 21 561 jeunes en stage d’attente, on enregistre une baisse de quasi 3 % (2,9 %) sur l’année (novembre 2009 à novembre 2010). La tendance n’est pas neuve, mais on pouvait douter de sa permanence : voilà qui la laisse présager.

Deuxième élément : ce qu’on pourrait qualifier de fracture de l’âge. Les plus de 50 ans écopent, en effet, d’une augmentation de 3,5 % en un an, alors que toutes les autres catégories sont en baisse, celle-ci allant de 4 % (jusqu’à 25 ans) à 5,3 % (entre 30 et 40 ans).

Enfin, et surtout sans doute, deux constats "plus étonnants et encourageants", ainsi que nous les commente le ministre wallon de l’Emploi, André Antoine (CDH). Car ils laissent espérer que le noyau structurel du chômage wallon, celui des peu qualifiés d’une part, de longue durée d’autre part, puisse perdre en dureté.

Le niveau d’études ? Les moins qualifiés retrouvent plus vite du travail : sur un an, les chômeurs sont à - 3,9 % en fin de primaires et jusqu’à - 5,1 % en fin de premier degré secondaire, alors qu’ils croissent légèrement (de 0,5 %) avec un diplôme supérieur. A. Antoine : "Donc, une main-d’œuvre peu qualifiée est encore nécessaire."

La durée ? Si la baisse est de 0,5 % pour les chômeurs de plus de six mois, elle est de 4,4 % pour les cinq ans et plus; et de 4,3 % entre deux ans et cinq ans.

André Antoine veut se défendre "de toute euphorie" mais en conclut que "le cap choisi est le bon". Ce serait même peu dire que la Wallonie "résiste", il la voit "se redéployer", surtout si on ajoute au chômage les indicateurs en exportations, investissements et fiscalité. Ce ne sont pas les politiques qui décident des recrutements ? Certes non, dans le privé (alors qu’ils stagnent dans le secteur public). Mais "des mesures ont été prises qui commencent à porter leurs fruits", répond le ministre, citant la croissance du suivi individuel des chômeurs par le Forem et, au niveau fédéral, des dispositions "win-win" qui produisent plus de résultats en Wallonie qu’ailleurs.

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