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"Les chômeurs, pas responsables de la criminalité"

Christian Laporte

Mis en ligne le 06/12/2010

Marc Hooghe tient à faire quelques précisions sur les résultats de la recherche.
Entretien

Au-delà des données brutes, il s’impose d’éclairer les conclusions de la recherche.

Vos résultats pourraient laisser penser que les chômeurs sont responsables des hauts taux de criminalité.

Non, bien sûr que non. Il n’en est rien. La recherche globale en criminologie fait apparaître que les chômeurs sont plus qu’à leur tour les victimes de la criminalité. Ils n’ont pas d’horaires quotidiens structurés et sont exposés bien plus que d’autres à des agressions. Le chômage doit être replacé dans un malaise sociétal global : il est lié à la pauvreté, à l’absence de perspectives et à une perte de cohésion sociale. Nous en déduisons, dès lors, que si l’on veut diminuer la criminalité, il s’impose d’abord d’agir concrètement sur la relance de l’emploi et faire baisser le taux de chômage

L’analyse montre aussi des différences communautaires marquées.

Force a été de le constater : la criminalité apparaît de manière relative plus fréquemment en Wallonie qu’en Flandre. Nous n’avons pas de réelle explication dans l’état actuel des données de ces différences. Par contre, le constat ne s’applique pas aux seules zones urbaines : la criminalité est aussi en moyenne plus élevée dans les parties plus rurales.

Par contre, les résultats bruxellois vous ont surpris.

Oui, car la situation à Bruxelles n’est pas aussi grave qu’on pouvait le penser en fonction, d’une part, de l’importance de l’urbanisation et aussi, bien entendu, de l’importance du chômage dans la région centrale.

Quel message adressez-vous aux autorités politiques et judiciaires ?

La politique de sécurité devrait mieux tenir compte de la répartition spatiale de la criminalité. Dans le Hageland, le risque de rencontrer la criminalité est bien évidemment plus bas que dans la région de La Louvière.

La vraie question est donc de savoir où il faut le plus investir en moyens policiers. Un constat : depuis 2001, la police fédérale dispose de données très précises et très complètes, mais à ce jour, ces informations n’ont pas été vraiment mises à profit pour améliorer la politique sécuritaire

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