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Quel paysage idéal entre francophones ?
Paul Piret
Mis en ligne le 25/01/2011
Ce mardi midi, au greffe du Parlement de la Communauté française à Bruxelles, quatre délégués de chacun des quatre grands partis francophones vont s’installer en "Commission interparlementaire Wallonie-Bruxelles". Il n’y a pas là que des élus puisque la représentation, significative, sollicite aussi une coprésidente de parti et deux ministres. Outre les quatre brièvement sondés ci-contre, rappelons qu’il y aura là Rudy Demotte, Anne-Sylvie Mouzon et Léon Walry pour le PS; Françoise Bertieaux, Willy Borsus et Didier Gosuin pour le MR; Marcel Cheron, Yaron Pesztat et Bernard Wesphael pour Ecolo; André Antoine, Céline Fremault et Maxime Prévot pour le CDH.
Soit 6 Bruxellois et 10 Wallons, majorité et opposition confondues (au sens fédéré du clivage), pour ressasser encore et toujours les mêmes questions : quel poids pour les Régions wallonne et bruxelloise; et donc quelles nature et intensité pour ce qui les lie, à l’enseigne de la Communauté française aujourd’hui ou de quelques autres structure et appellation demain ?
Des questions vieilles au moins comme notre première réforme de l’Etat, voilà quarante ans. Sans en réécrire toute l’histoire, on peut rappeler qu’elles n’ont cessé de diviser les formations entre elles et surtout au sein de chacune d’elles, à inclinations et intensité variables avec le temps; et que si le modèle flamand improprement appelé de la fusion entre Région et Communauté est évidemment plus simple, lisible et opérationnel, on ne doit ni au hasard que le paysage institutionnel intrafrancophone soit plus compliqué et même brol, ni à la distraction que la classe politique n’ait jamais pu réellement en sortir - hormis des mises en commun ministérielles et administratives qui ont plutôt crû avec le temps.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. On n’a pas oublié la dernière tentative en date, bizarre dans ses débuts, originale dans sa composition, fertile dans sa réflexion, et limitée dans ses conclusions : celle du groupe dit Busquin-Spaak du nom de ses coprésidents, sous la précédente législature.
On eut généralement tendance à ne plus se soucier du sujet, déjà avant même les conclusions du groupe susdit, hormis quelques tentatives (le député MR Richard Miller dans une proposition de résolution, les chefs de groupe du Parlement de la Communauté française entre eux) de chercher à lui donner des suites. L’engouement n’était pas spectaculaire. Il y eut des freins à de nouvelles cogitations. Qu’on les ait dus au "pragmatisme institutionnel" cher notamment au double ministre-Président Rudy Demotte, par méfiance des polémiques "régionalistes" vs "communautaristes" qui n’ont pas manqué de diviser les partis jadis; ou à la crise fédérale du printemps dernier, sur laquelle toute l’attention des états-majors devait se focaliser dans l’attente de sa résolution présumée rapide
Or, c’est son enlisement qui a poussé à reprendre la réflexion; comme son objet qui pourrait forcer à la voir aboutir. Car sans même évoquer quelque plans post-Belgique qui mettrait les institutions sudistes face à une tout autre trajectoire, commune ou séparée, de gros transferts de compétences sont à venir, qui justifient une clarification de l’espace francophone. Ajoutons-y d’une part que les pratiques d’aujourd’hui (ministres communs, etc.) méritent d’être évaluées, et d’autre part que l’évolution des mentalités (avec la prévalence du fait régional) a actualisé le débat : il y a bien des raisons de remettre l’ouvrage sur le métier.
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