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AIP : la crainte du "non"
V.R.
Mis en ligne le 25/01/2011
On savait que le projet d’accord interprofessionnel (AIP) passait mal auprès des affiliés du Setca qui l’avait jugé "imbuvable" quelques heures à peine après sa rédaction. Mais jusqu’à présent, ce mécontentement n’avait trouvé à s’exprimer que par des mots. La section carolo de la centrale des employés de la FGTB a décidé de passer aux actes : elle organise une journée de grève le lundi 31 janvier. "Là où on peut le faire, on bloquera les entreprises, prévient Rudy Pirquet, secrétaire général du Setca-Charleroi. Ailleurs, on informera les travailleurs sur le contenu du projet d’accord interprofessionnel."
Le mot d’ordre pourrait faire tâche d’huile. Mercredi, c’est la CNE de Charleroi qui doit se prononcer. Elle pourrait, dit-on, décider de se joindre aux piquets de grève le lundi 31 janvier. C’est que la centrale des employés de la CSC est elle aussi très inquiète. Officiellement, elle se prononcera lundi. Mais tout indique que le "non" l’emportera. Il ne serait par ailleurs pas étonnant que le mouvement de grève ne reste pas confiné à la région de Charleroi. Des arrêts de travail pourraient aussi être organisés à Liège.
La date du 31 janvier n’a pas été choisie au hasard. Le Setca de Charleroi espère peser sur la décision que prendra vendredi 4 février le Comité fédéral de la FGTB - à qui revient la décision d’approuver ou non le projet d’accord. On peut penser qu’il veut aussi tenter d’influencer le Conseil général de la CSC qui se prononce, lui, le mardi 1er février.
Difficile de dire avec certitude dans quel sens penchera la balance syndicale. La plupart des centrales doivent encore se prononcer. Mais les premiers indices sont plutôt pessimistes. A la FGTB, le "non" a les faveurs des pronostics. "Je ne vois pas les militants l’approuver", glisse un permanent. Le Setca et les Métallos flamands ont déjà rejeté le projet d’accord. Et les réactions sont assez négatives ailleurs.
On pourrait penser que les choses passent mieux à la CSC. Mais il y a maintenant comme un doute. La première instance à s’être prononcée, c’est la CSC-Brabant wallon. Et elle a dit "non". Comme ailleurs pour les mêmes raisons : la faiblesse des hausses salariales promises aux cours des deux prochaines années, des inquiétudes pour le statut des employés.
Et si un, voire plusieurs syndicats devaient rejeter l’accord ? C’est l’inconnue. Il y a un précédent. Fin 2004, la FGTB avait rejeté le projet d’accord interprofessionnel qui était sur la table, et la CSC avait choisi de ne pas le signer par solidarité même si elle l’avait approuvé. Le gouvernement de l’époque avait cependant jugé qu’il y avait assez d’éléments pour le faire appliquer quand même. Le hic, c’est que le gouvernement actuel est en affaires courantes. Il ne pourrait sans doute pas se substituer aux interlocuteurs sociaux.
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