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Le "oui" poussif de la CSC
V.R.
Mis en ligne le 02/02/2011
Quand Luc Cortebeeck, président de la CSC dit, mardi midi devant la presse, que son organisation a approuvé le projet d’accord interprofessionnel (AIP) "sans enthousiasme", il sait forcément qu’il s’agit là d’un euphémisme. Le Conseil général qui vient de s’achever a été "houleux". Même les chiffres l’attestent.
Le syndicat chrétien approuve généralement les projets d’AIP avec une marge confortable. Lorsque la CSC eut approuvé le projet d’AIP 2005-2006 avec 74,8 % des voix seulement, ce score avait d’ailleurs été interprété comme le signe d’un malaise évident. Que dire alors de ce score de 67,9 % qui a sanctionné, ce mardi, le vote des militants de la CSC invités à se prononcer sur l’AIP 2011-2012 ?
Une fracture nette est apparue entre les employés et les ouvriers. Les seconds ont, il est vrai, plus à gagner dans l’AIP que les premiers. Le texte contient un plan visant à harmoniser le statut social des uns et des autres. C’est une opération forcément gagnante pour les ouvriers jusqu’à présent moins protégés que les employés contre le licenciement. Les employés en revanche doivent accepter de voir leur statut un peu raboté. Ce qui passe très mal auprès des deux centrales des employés de la CSC - la CNE côté francophone et la LBC côté néerlandophone. Lesquels n’avalent pas l’idée de mettre une partie du coût des licenciements à la charge de la sécurité sociale.
Une fracture d’une autre nature a traversé les débats internes. Les dirigeants de la CSC disent le contraire - sans doute pour éviter de jeter de l’huile sur le feu communautaire. Mais il semble bien que le projet d’accord a été accueilli plus favorablement auprès des militants flamands qu’auprès des francophones. "La fracture entre le nord et le sud est cependant bien moins forte que celle qui a opposé ouvriers et employés", tempère un permanent.
Le "oui" de la CSC - ainsi que celui prononcé ce mardi aussi par les Classes moyennes flamandes - ne clôture pas le processus. Il manque encore à ce projet d’AIP l’approbation de la CGSLB et de la FGTB pour pouvoir être validé. Les votes auront lieu vendredi. Si le syndicat libéral devrait se prononcer en faveur du texte, tout indique que son homologue socialiste le rejettera. Ce qui, formellement, réduirait le projet d’accord interprofessionnel négocié si durement par les interlocuteurs sociaux à un vulgaire bout de papier sans valeur.
Un tel scénario s’est déjà produit en 2005. Le gouvernement avait alors choisi de mettre en œuvre le projet d’AIP malgré le refus de la FGTB. Les choses sont cependant différentes aujourd’hui. L’opposition syndicale au texte paraît plus forte qu’alors. Et le gouvernement est cette fois en affaires courantes. Il pourrait sans doute plaider l’urgence pour justifier l’établissement d’une norme salariale. Mais il ne paraît pas en mesure de régler le délicat problème du statut ouvriers/employés.
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