Polémique entre le correspondant de Libé et la N-VA
La N-VA a fait savoir au correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, notoirement pro-francophone, qu'elle ne souhaitait "pas avoir de contact" avec lui, ni lui accorder la moindre interview.
- Publié le 11-02-2011 à 09h30
- Mis à jour le 11-02-2011 à 10h55

Le porte-parole du parti nationaliste, Jeroen Overmeer, lui reproche d'avoir proféré des accusations "abominablement injustes". M. Quatremer dénonce la caricature de ses propos. La polémique a débuté cette semaine, avec la publication par Jean Quatremer sur son blog, l'un des les plus suivis en francophonie, d'un article intitulé "Autisme flamingant", dans lequel il dénonce le refus de la N-VA, mais aussi du CD&V, de répondre à ses demandes d'interview.
Le journaliste est familier de tels coups de sang. Récemment, il avait adressé le même reproche à la ministre française des Finances, Christine Lagarde, qui avait ensuite accepté de répondre à ses questions. La N-VA semble être dans de moins bonnes dispositions à son égard. Dans une lettre circonstanciée, que Jean Quatremer publie in extenso, le porte-parole du parti lui reproche notamment d'avoir comparé la périphérie de Bruxelles avec la situation de l'ex-Yougoslavie. M. Quatremer aurait déclaré que les nationalistes "dirigent (le pays) vers une guerre ethnolinguistique qui rappelle les Balkans", selon des propos cités par Jeroen Overmeer.
"Bien que je trouve de telles déclarations abominablement injustes, je ne vous retire pas le droit de les exprimer. Je ne peux qu'espérer que de votre côté, vous nous octroyiez le droit de préférer ne pas parler à des gens qui nous accusent de viol, de crimes et d'actions guerrières", poursuit le porte-parole. Qui conclut sa lettre en assurant au correspondant qu'il ne lui répondrait plus. "Si vous m'appelez tout à l'heure, il y a très peu de chances que je décroche le téléphone".
Sur son blog, Jean Quatremer dénonce son "procès à charge instruit par un homme qui a l'étoffe d'un ministre de l'information dans une démocratie populaire". "Affirmer que j'accuse la N-VA 'de viol, de crimes et d'actions guerrières' relève du délire de persécution et de l'imputation diffamatoire", estime-t-il. Il persiste et signe en affirmant que "la conception de la liberté de la presse et de la démocratie de Bart De Wever et de ses idées est pour le moins inquiétante et rappelle celle qui a cours dans les dictatures". Et précise que la N-VA refuse aussi de répondre aux demandes d'interview du Soir et du Monde.
