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Syndicats: un vendredi noir en Belgique

V.R.

Mis en ligne le 03/03/2011

La FGTB, avec le concours de la CGSLB, perturbera fortement l’économie belge ce vendredi. De nombreuses entreprises seront fermées.

Cela va être un beau test pour la FGTB et, dans une moindre mesure sans doute, pour la CGSLB. Il y a un mois, les deux syndicats s’étaient embarqués dans une lutte sans merci contre le projet d’accord interprofessionnel qu’ils avaient l’un et l’autre rejeté. Ils avaient d’emblée marqué d’une croix rouge la date du 4 mars dans leur agenda : ce sera un jour d’action nationale.

Encore faut-il parvenir à mobiliser les troupes. Ce n’est pas gagné d’avance. Des actions ont été organisées tous les vendredis, et à tour de rôle depuis un mois, dans chaque province. Mais ces actions n’ont rencontré qu’un succès relatif. Quelques entreprises seulement ont été bloquées et les manifestations qui ont été organisées n’ont réuni au mieux que quelques centaines de participants - excepté à Liège.

Mais la FGTB et la CGSLB ont un peu élargi le mot d’ordre de leur journée d’action. Ce n’est plus seulement pour tenter - assez vainement sans doute - de modifier l’accord interprofessionnel qu’elles lancent leurs troupes dans la bagarre. C’est aussi pour créer - déjà - le rapport de force en vue des négociations salariales qui s’annoncent dans les secteurs. C’est encore pour s’opposer à tous ceux qui voudraient écorner le principe de l’indexation automatique des salaires. Et ces thèmes-là sont généralement assez mobilisateurs dans les rangs syndicaux. De quoi assurer, sans doute, un certain succès à la journée d’action. En Wallonie, en tout cas, les principales centrales professionnelles ont appelé à une grève générale. Dans les deux autres régions, l’ampleur du mouvement sera sans doute moindre. Mais les perturbations n’en seront pas moins nombreuses. Et à géométrie variable. Car la FGTB n’a pas donné un mot d’ordre général. Elle a laissé à ses centrales et à leurs sections locales le soin de déterminer les actions les plus adaptées.

A quoi faut-il s’attendre au juste ?

1 La fonction publique. Les trains de la SNCB devraient rouler. Des perturbations seront toutefois probables ça et là sur le réseau ferroviaire belge. La situation sera beaucoup plus problématique sur les lignes desservies par les transports publics régionaux. Les réseaux des TEC et de la STIB devraient être presque à l’arrêt. Et de sérieuses perturbations sont attendues sur le réseau De Lijn. Pour le reste, la fonction publique devrait être assez peu touchée. Les syndicats de fonctionnaires ménagent leur force dans le cas où des mesures d’austérité viennent frapper la fonction publique comme dans d’autres pays européens. Aucun mot d’ordre n’a par exemple été lancé parmi les postiers. Mais, à nouveau, des perturbations locales sont à prévoir, surtout dans les régions à forte tradition ouvrière.

2 Le commerce. Le Setca (la centrale des employés de la FGTB) avait été la plus virulente contre le projet d’AIP. Il voudra se montrer vendredi. C’est principalement dans les grands magasins qu’il marquera son empreinte. Des piquets devraient être constitués devant de nombreuses grandes surfaces en Wallonie. Des fermetures de magasins seront aussi organisées à Bruxelles et en Flandre. Mais le mouvement ne devrait pas être aussi prononcé.

Il n’est pas exclu non plus que des hôpitaux soient contraints de tourner au ralenti. Les soins d’urgence seront bien sûr toujours assurés. Mais des consultations moins pressantes pourraient être reportées. Les banques en revanche devraient rester ouvertes. Sauf ça et là comme dans la région liégeoise.

3 L’industrie. Difficile de faire le relevé de toutes les entreprises dont l’accès sera bloqué vendredi. Toutes les grandes entreprises wallonnes seront à l’arrêt - dans le bassin liégeois, les militants de la FGTB Métal et leurs homologues de la CGSLB recevront même l’appui des affiliés de la CSC. Entreprises à l’arrêt également à Bruxelles (notamment Audi à Forest) et en Flandre (le secteur de la pétrochimie à Anvers). Les petites entreprises devraient être épargnées, mais pourraient être touchées indirectement par des barrages organisés à l’entrée de certains zonings industriels.

4 Les manifestations. Des rassemblements sont par ailleurs prévus en différents endroits en matinée : devant la Banque nationale à Bruxelles, place Léopold à Arlon, Engelsplein à Louvain et Sint-Pietersplein à Gand.

Savoir Plus

Piquet de grève devant la centrale nucléaire de Tihange

L'accès à la centrale nucléaire de Tihange sera complètement bloqué vendredi dès l'aube dans le cadre de la grève nationale lancée par la FGTB et la CGSLB pour dénoncer l'accord interprofessionnel (AIP). Seuls les pilotes des centrales seront autorisés à entrer sur le site, a précisé jeudi à l'agence Belga Jorge Canas-Garcia, porte-parole de la FGTB.

Il y a une quinzaine de jour, le syndicat socialiste avait déjà installé des piquets de grève sur le site de Tihange mais une partie du personnel avait tout de même été autorisée à accéder aux installations. Cette fois, seuls les pilotes auront accès au site, a précisé le porte-parole syndical.

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