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"Consacrer la souveraineté de la femme sur sa vie"

J. La.

Mis en ligne le 28/03/2011

Les défenseurs de la loi dépénalisant l’IVG ont aussi fait entendre leur voix.

Ils étaient quelques centaines à s’être rassemblés dimanche après-midi, au pied de la statue Don Quichotte, place d’Espagne à Bruxelles, pour rappeler que l’avortement a été dépénalisé sous conditions en Belgique et pour faire front aux manifestants de la "Marche pour la vie". Pour bien montrer que le droit à l’avortement est aussi une aspiration à la vie, ils avaient prévu une place pour les enfants, installant un immense château gonflable pour les plus petits.

Nombreux étaient les manifestants à estimer que les anti-IVG tentent d’occuper de plus en plus le haut du pavé et que leurs positions sont de plus en plus présentées sur la place publique. "Jamais je n’aurais cru que l’on ait encore à se mobiliser. Nous n’avons pas à nous cacher, nous n’avons pas à avoir honte", rappelait ainsi à la tribune une responsable d’un centre de planning familial pratiquant l’avortement.

"Il faut être actif, vigilant, solidaire", dit Claudine Mouvet, présidente du GACEHPA, le groupe d’action des centres extra-hospitaliers pratiquant l’avortement. Car, pour Patrick Petitjean, directeur d’un centre de planning familial de Schaerbeek, l’avortement n’est pas encore considéré comme un acte normal. "Plus de 20 ans après le vote de la loi, il y a toujours comme une culpabilité : c’est aberrant. Les anti-IVG jouent sur la culpabilité des femmes. Il faut être vigilant", dit M. Petitjean.

La loi dépénalisant l’avortement jusqu’à 12 semaines a été votée le 3 avril 1990. Elle avait été portée par deux parlementaires, Roger Lallemand (PS), aujourd’hui ministre d’Etat, et Lucienne Herman-Michielsens (PVV). Si cette dernière est décédée, le premier était bien présent dimanche parmi les manifestants. "L’application de la loi n’a pas posé de problèmes majeurs. Elle n’a plus rien d’extraordinaire. Beaucoup de pays en ont des comparables", dit-il.

Pour M. Lallemand, "cette loi consacre la souveraineté de la femme sur sa vie". Il se rappelle que l’adoption de la loi a été l’aboutissement d’un long combat, parfois très dur. Il se souvient ainsi avoir reçu un courrier où il était écrit "les gens comme vous devraient comparaître devant le père éternel. Et ce temps ne saurait tarder". "Je suis toujours là", ironise-t-il.

Il estime qu’à côté de l’avortement, il est important de développer l’information des femmes sur la contraception, la prévention des maladies sexuellement transmissibles. Un thème que la députée Karine Lalieux (PS), également présente, estime très important. "Ce sont une série de droits qui sont continuellement remis en cause par certains", relève-t-elle. L’europarlementaire Isabelle Durant (Ecolo) est sur la même longueur d’onde : "On doit subventionner ces centres de prévention, engager des gens pour aller dans les écoles. La bataille, ce n’est pas seulement le droit à l’avortement".

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