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Ecolo propose un job à Moureaux
Mathieu Colleyn
Mis en ligne le 16/05/2011
La fête de la Région bruxelloise a été quelque peu éclipsée par l’annonce du départ de Charles Picqué. Pour le secrétaire d’Etat bruxellois Christos Doulkeridis (Ecolo), la Région-Capitale avance mais doit trancher un certain nombre de dossiers d’ici l’été.
Charles Picqué demande un refinancement rapide de Bruxelles, à la limite de façon indépendante des négociations fédérales. Vous appuyez ?
Il a rappelé le sous-financement structurel de Bruxelles, mais le blocage appelle à encore plus de responsabilisation des acteurs bruxellois et le ministre-président doit maintenir ses revendications vers le niveau fédéral.
Le refinancement ne viendra pas de sitôt. Faut-il de l’argent maintenant et vite ?
Je vais donner un exemple indépendant de la demande de refinancement structurel. Nous avons fait un budget 2011 dans lequel il y a des recettes qui doivent venir du fédéral, des dettes liées aux droits de tirage sur l’emploi qui s’élèvent à 80 millions ou 90 millions d’euros. L’Etat fédéral ne les honore pas et on a été obligé de donner mandat au ministre Benoît Cerexhe pour saisir les tribunaux. Cela se fera dans les semaines qui viennent. C’est anormal mais il faut sortir de l’attitude attentiste, larmoyante ou d’un discours de la sinistrose parfois alimenté par les uns et les autres, y compris par nous. A force de croire que les négociations institutionnelles vont aboutir, on est resté dans ce registre. Après un an d’attente, il faut en sortir.
Bruxelles doit changer de posture ?
Bruxelles doit changer de posture et a commencé à changer de posture. Le gouvernement qui a précédé la Fête de l’Iris l’a montré. Le cadre linguistique du Siamu et la prise en compte du défi démographique ont été décidés par le gouvernement. Il a d’abord réfléchi à la région plutôt que de mettre un point de vue communautaire en avant, comme ce fut souvent le cas auparavant pour ce type de dossier. Il y a un sursaut qui existe. On débloque 9 millions pour pouvoir monter des nouvelles classes dans les écoles. Il y a quelques mois, c’était impossible parce qu’on aurait dit que c’était la responsabilité des communautés. Pour l’enseignement, nous avons un dialogue avec la Communauté française qui n’a jamais existé avant. Jean-Marc Nollet va mobiliser la Communauté française pour faire le même type d’effort pour la petite enfance et les crèches.
Vous contestez donc cette idée d’apathie de la Région bruxelloise ?
Je n’ai aucune difficulté à reconnaître qu’il faut être plus ambitieux pour Bruxelles. Mais il faut mettre en avant ce qui avance. Il ne faut pas entrer dans l’image de ceux qui veulent tuer Bruxelles parce qu’ils n’aiment pas Bruxelles. Il y a des choses qui ont bougé et il faut continuer dans cette dynamique.
La Région wallonne semble se redresser, notamment grâce à la dynamique du plan Marshall. Il n’y a rien de comparable à Bruxelles. En 2004, il était pourtant question d’un grand plan socio-économique.
Certes, mais il y a un élément qui a fortement avancé, c’est l’alliance économie-environnement. Les investissements en matière d’énergie on permis de maintenir de l’emploi tout en diminuant l’émission de CO2.
Cela veut dire que la dynamique est là et qu’il ne faut pas de nouveau plan d’action ?
Le plan de croissance durable a été lancé, mais il y a un problème de lisibilité. Nous n’avons pas un nom comme le plan Marshall à Bruxelles.
Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait depuis 2009 ?
Parce qu’on ne s’est pas dit que c’était si important de travailler sur le nom. Avec le recul c’est un point qui doit revenir, il faut sans doute trouver un nom fédérateur du plan de relance de Bruxelles parce qu’il existe. On est dans une dynamique qui n’existe pas depuis toujours, je le reconnais, mais qui est présente et sur laquelle il faut capitaliser. Ainsi, il y a des dossiers à impact régional qui sont attendus et qu’on a trop tendance à reporter.
Lesquels ?
Par exemple, tous les dossiers qui concernent le Heysel. La question du stade, du centre commercial, du développement du quartier, avec une vision clairement régionale, doit être tranchée cet été. Ecolo va tout faire pour qu’avant l’été, on puisse avoir une vue globale.
Ce n’est pas parti pour ?
Jusqu’à présent, on a chaque fois reporté, mais Ecolo est prêt pour atterrir. Le momentum, c’est cet été. Donc, il faut savoir si on fait ce stade au Heysel ou à Schaerbeek-Formation; est-ce qu’on fait un petit ou un moyen centre commercial ? Que deviennent les activités récréatives du Heysel ? Un autre débat doit être tranché : celui des relations entre Région et communes.
C’est délicat puisque lié aux négociations institutionnelles…
On a des points qui font consensus, avançons au moins sur ceux-là. Un groupe d’experts a balayé les convergences et les divergences, nous allons mettre en place un groupe politique chargé de trouver des solutions. De quoi va-t-il être question ? De la répartition des compétences entre région et communes. Pour ma part, on ne doit plus avoir de gouverneur et de vice-gouverneur. Un certain nombre de compétences de police doivent être transférées au gouvernement bruxellois. Que le groupe décide ! Et pour que ce groupe décide, je pense qu’il doit être piloté par une personnalité qui a l’autorité, le poids et l’expérience requis. Si M. Moureaux avait envie de prendre ses responsabilités, pourquoi pas ? Il est PS, premier parti de la région, on peut l’aimer ou ne pas l’aimer, mais il a manifesté une certaine ouverture, il n’est plus président de la fédération bruxelloise du PS, nous le soutiendrons s’il veut présider ce groupe. Mais il faut que ce soit un groupe qui tranche. Il pourra discuter des frontières, de la fusion des communes, etc.
Il faut lancer une réforme institutionnelle à Bruxelles ?
Absolument. Et il faut le faire maintenant.
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